CORONAVIRUS: les marchés publics s'adaptent pour la nouvelle saison

L'arrivée des beaux jours et de la saison des récoltes est synonyme de la réouverture des marchés publics à travers la province. À l'instar de tous les commerces, les marchés doivent adapter leur façon pour limiter la propagation du coronavirus.

L'arrivée des beaux jours et de la saison des récoltes est synonyme de la réouverture des marchés publics à travers la province. À l'instar de tous les commerces, les marchés doivent adapter leur façon pour limiter la propagation du coronavirus.

L'Association des marchés publics du Québec (AMPQ) a collaboré avec le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) et doit recevoir les directives finales sous peu. On peut s'attendre à ce que les mesures de sécurité ressemblent à ce qui a été mis en place dans les épiceries et magasins.  

Cette nouvelle réalité représente un exercice financier périlleux pour plusieurs organisations:

« Est-ce qu'on doit investir dans un lavabo, dans du gel hydroalcoolique? (...) Avec les budgets qu'ils ont, c'est sûr qu'il y a une certaine retenue à savoir où on peut investir les quelques dollars qu'on a par année (...) Par exemple, si on doit mettre du plexiglas devant l'ensemble des kiosques d'un marché public, c'est un investissement important à prévoir. » - Jean-Nick Trudel, directeur général de l'AMPQ

L'AMPQ, qui représente 130 marchés et 1200 producteurs, espère que les marchés n'auront pas à fermer le dimanche comme c'est le cas des épiceries, au moins jusqu'à la fin mai. Cette journée de fort achalandage est cruciale. D'ailleurs, dans certaines municipalités, le marché n'ouvre que le dimanche pour ne pas concurrencer celui de la ville voisine qui accueille des clients le samedi.

La technologie au service des marchés

La crise du coronavirus accélère le virage numérique des marchés publics. Une subvention gouvernementale de 50 000 $ a permis à l'AMPQ de développer un site transactionnel sur lequel les clients pourront commander des produits et payer leur facture. Ils n'auront qu'à récupérer leurs commandes au marché par la suite.

Cette façon de faire permettra de limiter les contacts et les risques de contamination. 

Le marché Godefroy de Bécancour sera le premier à essayer ce nouvel outil dès le 16 mai. Les marchés qui le souhaitent pourront ensuite rendre cette option disponible via leurs propres sites ou leur page Facebook.

« Le but c'est de confirmer des ventes auprès du producteur avant sa venue en marché public et permettre aux consommateurs de voir l'offre numérique. Le marché public physique va exister et c'est même extrêmement important qu'il existe. On ne veut pas devenir des marchés virtuels. » - Jean-Nick Trudel, directeur général de l'AMPQ

Les marchés publics: des vecteurs économiques

Le marché Locavore situé à Racine, en Estrie, se servira de cette nouvelle plateforme lors de sa prochaine saison qui débutera le 6 juin.

La coopérative créée en 2008 accueille une vingtaine de marchands et, en moyenne, 900 personnes par semaine. Le marché n'est ouvert que durant quatre heures, le samedi avant-midi en été et en automne. Cet achalandage est considérable dans une municipalité qui comptait 1323 habitants lors du recensement de 2016.

« La présence du marché profite aux autres commerçants. C'est une locomotive économique. (...) La municipalité est contente qu'on puisse offrir un marché et une place publique pour nos producteurs. » - Denise Payette, coordonnatrice du marché Locavore

L'élaboration des mesures d'hygiène et de sécurité est au coeur des préparations actuelles. Les dégustations, BBQ et spectacles qui faisaient une partie de la réputation du marché Locavore et qui donnaient envie d'y flâner ne seront pas au rendez-vous, en raison de la distanciation sociale à respecter.

Malgré tout, Mme Payette croit que la clientèle sera au rendez-vous:

« On vit une situation exceptionnelle et on est obligé de se conformer, en espérant que tout ça sera éphémère. (...) On a des clients très fidèles qui vont venir acheter parce qu'ils aiment nos produits, qu'ils ont confiance en nos producteurs (...) Je pense qu'on va avoir cette clientèle qui veut s'approvisionner localement et bien manger. »