COVID-19: Le sport étudiant en pause jusqu'à nouvel ordre

Football Dynamiques Collège Charles-Lemoyne

Alors que le ministre de l'Éducation Jean-François Roberge se fait rassurant sur la rentrée scolaire avec la COVID-19, toute la structure du sport étudiant nage dans l'incompréhension. Le Collège Charles-Lemoyne de Longueuil vient de mettre plusieurs activités sur pause pour se conformer aux directives du ministère. 

Le ministre Roberge a confirmé aujourd'hui qu'il fallait respecter le concept de bulles-classes sans quoi la pratique du sport étudiant serait impossible. Cette décision pourrait être revue dans un mois, selon comment se déroule la rentrée. C'est un non-sens pour plusieurs équipes scolaires qui ont repris l'entraînement cet été en pensant avoir le feu vert du ministère.

La situation est à ce point chaotique que le Collège Charles-Lemoyne a annulé, hier, un match de football hors concours de Division 1 prévu en fin de semaine entre les Dynamiques et le Blizzard du Séminaire St-François. Son programme de football et de hockey est sur pause jusqu'à nouvel ordre. L'école compte 600 étudiants-athlètes.

«Il y a une incohérence importante si le sport scolaire ne peut pas continuer, mais que le sport civil continue. On ne comprend pas du tout. Même au niveau de la contagion du virus, les jeunes d'une équipe civile peuvent provenir d'une dizaine d'écoles différentes. Il y a beaucoup plus de risques de propagation du virus que dans une équipe scolaire où on respecte les règlements qui nous ont été donnés (...) On est un petit peu en état de choc.» - David Bowles, DG du Collège Chales-Lemoyne et président de la Fédération des collèges privés.

En conférence de presse ce matin, le ministre Jean-François Roberge a rappelé que les activités parascolaires étaient permises, tant que le concept de bulle-classe était respecté. Cette consigne s'applique aux sports, mais aussi aux arts et à la musique.

Même dans les programmes sports-études, ce concept est pratiquement impossible à respecter rappelle M. Bowles.

«Dans l'exemple du hockey au midget AAA, oui nos groupes sport-études durant la journée sont fermés, mais dans l'équipe il y a des secondaires 4, des secondaires 5 et parfois des secondaires 3. Ça ne tient vraiment pas la route.»


«Plusieurs directions d'école nous disent que les parents appellent pour retirer leurs enfants pour les mettre dans le sport civil. Pour moi, le sport étudiant est extraordinaire. Il est important pour la valorisation et pour éviter le décrochage scolaire. Je veux qu'il (le ministre Roberge) en prenne conscience.» -Enrico Ciccone, porte-parole des Sports et loisirs au Parti libéral du Québec

Le Réseau du sport étudiant du Québec croit que les équipes sportives pourraient être considérées comme des bulles puisque les jeunes pratiqueraient leur sport de façon encadrée à l'école, et non à la maison.

«Après 16h, les jeunes peuvent aller faire des activités à l'extérieur. On ne protège pas plus la bulle à ce moment-là et nous on considère que si on les garde à l'intérieur dans un cadre pédagogique on peut contribuer à contrer cette pandémie.» - Gustave Roel, PDG du Réseau du sport étudiant du Québec

La mère d'un joueur de football de secondaire 5 d'une école de Québec a lancé une pétition qui cumule déjà plus de 7 000 signatures.

220 000 étudiants du secondaire font partie d'une ligue scolaire dans la province et 8 500 jeunes sont inscrits aux sports-études.

(Avec la collaboration de Janie Pelletier, journaliste Bell Média Saguenay.)