COVID-19: Moisson Montréal interpelle les grands fournisseurs

Moisson Montréal fonctionne à plein régime depuis le début de la crise du coronavirus et aucun répit ne se pointe à l'horizon. Au contraire, la plus grande banque alimentaire au pays se prépare à répondre à une demande encore plus importante.

Moisson Montréal fonctionne à plein régime depuis le début de la crise du coronavirus et aucun répit ne se pointe à l'horizon. Au contraire, la plus grande banque alimentaire au pays se prépare à répondre à une demande encore plus importante.

Le 12 mars, l'organisme a mis sur pied une cellule de crise. Il fallait rapidement instaurer des mesures pour assurer que les 50 employés et 85 bénévoles ne contractent pas le coronavirus. Le directeur général Richard Daneau explique que son organisation avait une «obligation morale» de tout faire pour assurer la continuité des services.

Maintenant que la sécurité et l'hygiène sont assurées, Moisson Montréal est en mode planification. Les nombreuses pertes d'emplois entraîneront inévitablement une hausse de la demande, partout au Québec. Déjà l'an dernier, ce sont 15 millions de kg de nourriture qui ont été distribués dans 250 organismes à travers la province, pour un total de 85 millions $.

« Comment on va fournir la nourriture pour ces nouveaux demandeurs là? On ne peut pas juste diviser la tarte avec plus de monde. Ça ferait juste des morceaux plus petits pour tout le monde. » - Richard Daneau, directeur général de Moisson Montréal

La cadence a été augmentée lundi avec des quantités de nourriture 30% plus importantes envoyées dans les organismes communautaires montréalais, même ceux qui n'avaient pas déposé de demande en ce sens.

Moisson Montréal fait déjà affaire avec 200 donateurs du réseau alimentaire et une centaine d'épiceries de la métropole. Une campagne de sensibilisation auprès des grands fournisseurs alimentaires du Québec et de l'Ontario débutera mardi pour trouver des ressources supplémentaires. En raison de la pandémie, il n'est pas question de solliciter la générosité des citoyens.

« On ne voudrait pas lancer un appel au public pour que 5000 bons citoyens viennent nous porter un sac d'épicerie. S'il y a 5000 personnes de plus qui passent chez Moisson Montréal tous les jours, probablement qu'on va décupler les chances d'infester le monde. »

- Richard Daneau, directeur général de Moisson Montréal

Les aliments culinaires comme la farine, les épices, huiles végétales ainsi que les produits pour enfants sont particulièrement recherchés. 

M. Daneau est confiant que Moisson Montréal sera en mesure de répondre à la demande. Il invite d'ailleurs les Québécois dans le besoin à communiquer avec leurs organismes communautaires de quartier sans hésiter. 

Le directeur général de Moisson Montréal espère d'ailleurs que la crise actuelle permettra de briser certains préjugés envers les gens qui ont recours aux banques alimentaires.