TOURISME: L'industrie réclame de l'aide et un plan de réouverture

Un lion du Parc Safari.

Les attractions touristiques et l'industrie touristique du Québec en entier réclament une aide financière du gouvernement pour traverser la crise, ainsi qu'un calendrier de réouverture, le plus tôt possible. Les zoos, aquariums, parcs aquatiques et croisières-excursions attendent toujours le feu vert de la Santé publique pour reprendre leurs activités, suspendues en raison de la pandémie.

 

Ce plan est crucial pour assurer la survie de centaines d'entreprises et des milliers d'emplois qui y sont rattachés. Selon une étude réalisée par les firmes Raymond Chabot Grant Thornton et Horwath, il faudrait 589 millions de dollars pour couvrir les frais fixes. Également, on prévoit qu'entre le 1er avril dernier et le 31 mars 2021, 93 000 emplois auront été perdus dans le secteur.

Jusqu'à maintenant, Québec a offert des prêts, mais cela ne fera qu'endetter davantage les entreprises touristiques. Même si les activités sont au ralenti, les entreprises doivent continuer de payer leur loyer, l'électricité, les assurances et autre.

En Montérégie, le propriétaire des Vergers et Cidrerie Denis Charbonneau, à Mont-Saint-Grégoire, a récemment vendu l'Érablière Charbonneau à sa fille, Mélanie. Dans les deux cas, les pertes sont importantes en raison de la pandémie, et il estime que ce n'est rien pour encourager la relève.

« Pour l'Érablière, c'est un million de dollars et pour le verger, c'est de 500 000 à 700 000 $. L'Érablière, on ne peut pas se reprendre avant un an [la prochaine saison des sucres] pour ce domaine-là, et la restauration, c'est encore mort, on n'a pas de date d'ouverture. On se sent délaissés parce que beaucoup de domaines sont aidés, alors que nous, on amasse beaucoup de taxes pour le gouvernement et on embauche beaucoup de personnes. »

- Denis Charbonneau, propriétaire

Inquiétudes partagées

Du côté du Saguenay-Lac-Saint-Jean, on soutient que plan financier et de déconfinement est crucial pour assurer la survie des 1000 entreprises de la région et des emplois qui y sont rattachés.

Certaines ont déjà malheureusement prévu de ne pas ouvrir cet été par manque de moyens, comme le Site de la Nouvelle-France, qui accueille normalement 10 000 visiteurs pendant la belle saison.

La présidente de Tourisme Saguenay-Lac-Saint-Jean, Lily Gilot, encourage également la population locale et provinciale à faire sa part à l'approche de l'été. « On a des trésors partout autour du lac Saint-Jean et tout le long du fjord et du Bas-Saguenay. Vous pouvez faire la différence en soutenant ces entreprises-là! » ajoute-t-elle.

Même son de cloche du côté de la Mauricie. Alors que l'industrie était en pleine croissance avant la pandémie, la moitié des entreprises touristiques de la région sont menacées de mourir d'ici la fin de l'année, sans aide.

« Trois autobus d'écoliers ne pourront plus aller visiter un musée dans la même journée alors qu'il y en avait avant, donc c'est une chute brutale des visiteurs, mais les frais fixes sont les mêmes. Ton hypothèque ne change pas, que tu aies eu des clients ou pas. »

- Donald J. Desrochers, président de Tourisme Mauricie

Le président de Tourisme Abitibi-Témiscamingue, Émilien Larochelle, s'inquiète également, surtout pour les plus petits joueurs.

Le Parc Safari et le Parc Oméga veulent ouvrir partiellement

Dans la foulée, le Parc Safari, à Hemmingford en Montérégie, et le Parc Oméga, à Montebello en Outaouais, demandent au gouvernement d'autoriser au moins la réouverture de leurs parcours safari en voiture dans les plus brefs délais.

Les deux parcs animaliers ont travaillé ensemble sur leurs plans de réouverture et estiment avoir été oubliés dans le plan de relance de l'industrie touristique. Ils clament que leurs parcours en voiture sont sécuritaires, car les gens demeurent dans leur véhicule.

Le Parc Safari estime avoir perdu déjà 900 000 $ en n'ayant pas pu ouvrir son Safari Aventure le 15 mai comme prévu. Le président Jean-Pierre Ranger déplore qu'en Ontario, le Zoo de Toronto ait pu ouvrir en instaurant un circuit automobile qu'il n'avait pas déjà.

« Venir au Parc Safari, ce n'est pas différent d'aller au Tim Hortons au service au volant, de prendre un café et de payer avec sa carte de crédit. [...] Le ministère doit être capable de porter un regard spécifique sur deux entreprises, le Parc Oméga et le Parc Safari, qui peuvent demain matin ouvrir leur parcours safari en automobile et fournir des emplois aux gens de la région, qu'on reconnaisse qu'on peut être de retour à la normale sans créer de préjudice à personne et sans favoriser la propagation du coronavirus, c'est ça qu'on veut. »

- Jean-Pierre Ranger, président du Parc Safari

Divers aménagements sanitaires ont également été faits pour limiter les risques de propagation et favoriser le lavage de mains si nécessaire.

Au Parc Safari, s'occuper des animaux coûtés 8,3 millions de dollars par an quand le parc est ouvert, et encore la moitié quand c'est fermé. En avril dernier, le Zoo de Granby a lancé une campagne de sociofinancement pour poursuivre ses activités et nourrir ses animaux. 80 000 dollars ont été amassés.

 

- Avec la collaboration de Carolyne Labrie et d'Olivier Caron, journalistes Bell Média Saguenay-Lac-Saint-Jean et Mauricie

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