Erreur sur la personne: le SPVM s'excusera en temps et lieu

Mamadi Fara Camara ne s'est pas adressé aux journalistes à sa sortie de la salle d'audience - CTV News Montréal

Le grand patron du SPVM n'est pas prêt à s'excuser tout de suite auprès de Mamadi Fara Camara.

Devant la pression, Sylvain Caron s'est adressé aux médias en fin d'après-midi pour faire le point. Il a indiqué qu'il s'excusera au «moment opportun». 

Libéré de toutes les accusations qui pesaient contre lui hier, l'homme de 31 ans demeure un témoin important dans l'enquête du SPVM sur un policier désarmé et blessé jeudi dernier dans Parc-Extension.

«Je crois qu'il faut être prudent avant d'accuser un citoyen, il faut également l'être avant de le disculper, c'est ce que nous faisons actuellement.» -Sylvain Caron, chef du SPVM

D'abord accusé notamment de tentative de meurtre, le chargé de laboratoire de Polytechnique est sorti du Palais de justice de Montréal en homme libre en fin d'après-midi après que le DPCP ait reçu de nouveaux éléments de preuve, dont une vidéo d'une caméra du ministère des Transports. L'homme de 31 ans a été détenu pendant six jours.

Le service de police de la Ville de Montréal affirme attendre des résultats d'analyses, notamment de sang trouvé sur les lieux.

Le chef du SPVM, Sylvain Caron, refuse de dire que les policiers ont arrêté la mauvaise personne, mais assure que l'enquête n'a pas été bâclée.

«Le travail a été très bien fait, oui c'est regrettable ce qui se passe actuellement. On va laisser l'enquête se poursuivre et au moment opportun, on fera le nécessaire.» -Sylvain Caron, chef du SPVM

Le chef du SPVM se dit ouvert à une enquête indépendante.

NOUVELLE PISTE

Plus tôt en journée, le SPVM a brisé le silence une première fois et indiqué être sur une nouvelle piste en confirmant la présence d'une troisième personne sur la scène de crime. Des recherches sont d'ailleurs en cours pour retrouver ce nouveau suspect.

«Le travail en continu des enquêteurs a permis, hier, de faire une nouvelle analyse des éléments de preuve ne permettant plus de soutenir des accusations envers le suspect initialement appréhendé. Toutefois, les images vidéo à l’étude ne sont pas à elles seules disculpatoires. À l’heure actuelle, la combinaison de tous les éléments de preuve nous permet d’envisager la présence d’une personne additionnelle sur la scène de l’événement, le soir du crime.» -indique le SPVM dans son communiqué

Le SPVM souligne qu'il s'agit d'une enquête d'une complexité exceptionnelle et promet de faire la lumière sur les événements du 28 janvier.

«Je veux que les Montréalaises et les Montréalais sachent que l’événement survenu le 28 janvier dernier est d’une complexité exceptionnelle. Nos enquêteurs travaillent sans relâche depuis l’événement à élucider ce qui est arrivé. -Le directeur du SPVM, Sylvain Caron

UNE SITUATION INACCEPTABLE AUX YEUX DE VALÉRIE PLANTE

À l'instar de l'opposition à Québec, la mairesse de Montréal réclame elle aussi une enquête «neutre» le plus rapidement possible sur le cafouillage dans le dossier de Mamadi Fara Camara et ce, sans le SPVM et le Directeur des poursuites criminelles de pénales.

Valérie Plante est allée beaucoup plus loin que son chef de police. Elle a clamé haut et fort que Mamadi Fara Camara est un homme « innocent » en conférence de presse, cet après-midi. Valérie Plante s'est d'ailleurs dite désolée pour ce qu'a vécu l'homme de 31 ans et s'inquiète que le «vrai coupable» soit toujours au large.

Québec est ouvert à l'idée d'une enquête indépendante et affirme être en discussion avec la Ville de Montréal.

Le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, assure pour sa part que le Directeur des poursuites criminelles et pénales a fait son travail.