Fady Dagher devient officiellement le 42e chef du SPVM


Cérémonie d'assermentation du nouveau chef de police, Fady Dagher. (Ryan Remiorz | La Presse canadienne)

Fady Dagher est officiellement devenu le 42e chef du Service de Police de la Ville de Montréal (SPVM) lors d’une cérémonie d’assermentation, jeudi.

C’est sous les notes des cornemuses que M. Dagher a fait son entrée au Marché Bonsecours afin de procéder à la passation des pouvoirs que lui confère désormais l’autorité de diriger les milliers de policiers de la Ville de Montréal.

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La mairesse Valérie Plante, l’ex-chef par intérim du SPVM Sophie Roy et le ministre de la Sécurité publique, François Bonardel étaient présents pour assister à l’évènement.

«D’immenses défis s’offrent à nous», a souligné le nouveau chef, soulignant la difficulté de recrutement causé par la pénurie de main d’œuvre.

«Avec la détresse et l’isolement qui augmente» en raison de la pandémie, «la police est devenue un peu malgré elle un filet social», a expliqué M. Dagher lors d’un discours suivant la cérémonie. 

La priorité du chef Dagher est donc de régler «de toute urgence» le problème de recrutement et de rétention. Il s’est d’ailleurs directement adressé aux futurs policier(e)s qui sont présentement à Nicolet.

«Oui, la vie est plus chère à Montréal. Oui, le travail est plus intense et plus complexe. C’est plus médiatisé qu’ailleurs. Vous êtes plus exposés et challengés. Mais rappelez-vous pourquoi vous vous êtes inscrits en technique policière», a-t-il lancé. 

M. Dagher a rappelé que 72% de la problématique criminelle se déroulent à Montréal. «Nous avons besoin de vous, ici et maintenant. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je suis revenu», a-t-il précisé.

Une meilleure compréhension des réalités communautaires

Le second défi que s'est donné M. Dagher concerne le «rapprochement» qui devra s'opérer entre la police et la population. «Ça devra aller dans les deux sens», soutient-il. Les policier(e)s devront avoir une meilleure compréhension de la réalité «profonde» des communautés et de leurs enjeux. En contrepartie, il faut que la population «comprennent davantage la réalité et la difficulté du métier de policier.»

Voyez le reportage de Marie-Michelle Lauzon sur ce sujet dans la vidéo:

 

Afin de rétablir les liens de confiance, le SPVM devra s'attaquer au problème de profilage racial au sein de son service. Mais il ne faut pas se méprendre, le problème «n'est pas celui de la police, mais celui d'une société toute entière». 

Lors d'une conférence suivant la cérémonie, M. Dagher a précisé qu'il irait voir «dans les prochains» ses troupes sur le terrain afin de bien cibler les attentes des différentes communautés.

Que faire avec la violence armée ?

Sans surprise, celui qui vient d’entamer son mandat à la tête du SPVM s’attaquera à la problématique de la violence armée à Montréal.

Pour ce faire, M. Dagher désire diminuer la circulation des armes illégales en circulation à Montréal. «Nous irons les chercher une par une s'il le faut», a-t-il dit, soulignant l'importance de donner plus de «robustesse et de moyens aux enquêtes». 

M. Dagher a affirmé vouloir mettre toutes les solutions sur la table pour faire face au problème. 

Malgré l'ampleur du problème généré par les armes à feu, le commandant du SPVM a souligné l'importance de ne pas oublier les autres formes de violence, quelle soit conjugale, de l'intimidation (même en ligne), ou les «petites violences de tous les jours».