Justin Trudeau s'adresse à la nation: Le Canada est à la croisée des chemins

Justin Trudeau discours à la nation

Justin Trudeau prévient que la deuxième vague de la pandémie de COVID-19 pourrait être pire que la première au printemps. 

Dans un discours à la nation mercredi soir, le premier ministre a affirmé que le virus est en train de revenir en force dans plusieurs parties du Canada et que le pays est à la croisée des chemins.

Justin Trudeau estime que les Canadiens ont l'avenir entre leurs mains et que les gestes qu'ils posent aujourd'hui feront toute la différence sur ce qui se produira dans deux semaines et dans deux mois. Il évoque qu'il sera impossible de se réunir lors de l’Action de grâce, mais qu'il y a encore des chances de le faire à Noël.

«Ce n'est pas le temps de faire des partys, personne n'est invincible.» -Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Il exhorte les Canadiens d'appliquer les consignes sanitaires, dont le port du masque et la distanciation sociale, pour éviter le pire. La seconde vague de la pandémie frappe déjà quatre provinces. La lutte contre la COVID-19, «c’est le combat de notre génération» a-t-il laissé tomber.

Dans son allocution d'une quinzaine de minutes, Justin Trudeau a promis que son gouvernement continuera de soutenir les Canadiens.

Un discours du Trône marqué par d'importantes dépenses

Le gouvernement Trudeau a l'intention de continuer à dépenser pour soutenir les Canadiens touchés par la pandémie de COVID-19.

« L’heure n’est pas à l’austérité » a déclaré la gouverneure-générale Julie Payette lors de la lecture du discours du Trône au Sénat plus tôt aujourd'hui.

Ottawa promet de prolonger la subvention salariale jusqu'à l'été prochain, de créer un million d'emplois, de bonifier le régime d'assurance-emploi et de financer des places en garderie. Pour les entreprises, le fédéral va aussi étendre le compte d'urgence et améliorer le programme de crédit.

Le gouvernement entend aussi offrir le plus grand investissement de l’histoire canadienne en formation des travailleurs. Une aide financière supplémentaire directe est promise pour les commerces qui seraient contraints de fermer temporairement leurs portes. Une partie de ces dépenses sera payée en taxant les mieux nantis et les géants du web.

Le gouvernement Trudeau promet d'en faire plus pour aider les provinces et les territoires à effectuer plus de tests de dépistage.

Les conservateurs votent contre, le NPD réfléchit

Les conservateurs n'appuieront pas le discours du Trône du gouvernement Trudeau. Ils déplorent qu'il n'ait pas été question de l'augmentation des transferts en santé réclamée par les provinces. Le député conservateur Gérard Deltell parle d'une série de dépenses, sans aucun plan et rejette ce discours «typiquement libéral».

« Des dépenses incontrôlées, aucun soutien pour les provinces, alors que les provinces ont des besoins réels concernant la santé et l'éducation. Encore une fois, le gouvernement libéral, dans cette typique tradition libérale, de dire « nous on sait à Ottawa ce qui est bon pour les provinces. » Voilà que ça n'a pas pris deux minutes pour que le premier ministre du Québec émette un communiqué pour dire qu'il était très déçu à juste titre. »

- Gérard Deltell, leader conservateur à la Chambre des Communes

De son côté, le NPD a choisi de laisser planer le suspense. Le chef du parti, Jagmeet Singh, affirme qu'il veut prendre le temps de réfléchir avant de faire connaître sa position. Il demande notamment des modifications à l'assurance-emploi qui remplacera la PCU.

Aujourd'hui, le discours du trône était plein de promesses que nous avons déjà entendues

Un discours du trône n'est que des mots sur papier et M. Trudeau nous a montré que ses actions ne sont pas à la hauteur de ses paroles

Les néo-démocrates continueront à se battre pour vous pic.twitter.com/bDf333QNvC

— Jagmeet Singh (@theJagmeetSingh) September 23, 2020

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, n'entend pas appuyer pas le discours du Trône. Si les trois partis d'opposition votent contre, les Canadiens seront appelés aux urnes.

Au Québec, le discours du Trône n'était pas encore terminé que déjà François Legault le critiquait. Le premier ministre a tweeté qu'il est déçu puisque le discours ne reconnait pas le champ de compétences en santé des provinces. Il en discutera avec ses homologues provinciaux demain.

Discours du trône décevant pour le Québec.

Ne respecte pas le champ de compétences des provinces en santé.

Je vais en discuter demain avec les premiers ministres des autres provinces. pic.twitter.com/wzPCJmUzBY

— François Legault (@francoislegault) September 23, 2020