Le carambolage mortel de l'A40 était évitable selon le coroner

Collision 9 août A40 Ouest Montréal, 9 août 2016

La mort d'un camionneur dans le carambolage de l'autoroute 40 le 9 août 2016, à Montréal, était «accidentelle et évitable» selon le rapport du coroner Stéphanie Gamache. Gilbert Prince, 59 ans, est décédé par suffocation et brûlures dans l'incendie majeur qui a suivi. 

La coroner attribue son décès à l'arrêt soudain d'un camion lourd appartenant à Bombardier vers 15h55 sur l'A40 Ouest à la hauteur de la rue La Jeunesse à Montréal. Le camion cube qui roule derrière parvient à s'arrêter à temps. Gilbert Prince ne peut faire de même avec son camion-citerne chargé de diésel qui percute le camion cube. 

L'impact cause une fuite de carburant qui s'enflamme immédiatement sous le véhicule de la victime. Le père de famille de 4 enfants originaire de Sainte-Anne-des-Plaines est incapable de sortir de la cabine en raison des dommages causés par l'accident. 

«Gilbert Prince est décédé par suffocation dans un incendie sans exclure l’effet contributif possible de brûlures corporelles importantes consécutivement à un carambolage dans lequel il est impliqué, causé par l’arrêt intempestif d’un camion-citerne d’avitaillement circulant sur la voie publique. Il s’agit d’un décès accidentel» - extrait, rapport du coroner Me Stéphanie Gamache

Le camionneur aurait eu la vie sauve si ce n'était de l'incendie puisqu'il n'a subi aucune lésion en lien avec l'accident.

Les trois véhicules circulaient à environ 70 km/h. À peine 31 mètres séparaient l'engin de M. Prince au camion de la compagnie Bombardier. Cette distance était clairement insuffisante pour lui permettre d'arrêter son camion à temps selon la conclusion d'enquête de la CNESST.

 

 

DEUX RECOMMANDATIONS

La coroner Me Stéphanie Gamache recommande à la Société d'assurance automobile du Québec (SAAQ) d'effectuer une campagne de prévention sur la distance sécuritaire à garder entre les automobilistes. Elle suggère également à la SAAQ de communiquer avec les différents corps policiers pour développer des initiatives sur le partage du réseau routier.

Un rapport accablant de la Commission des Transports datant de juin dernier a clairement démontré que le camion Bombardier à l'origine du carambolage était dans «état mécanique déficient». Le camion-citerne avait freiné brusquement en raison d'un dispositif automatique qui s'était actionné à la suite d'une porte restée ouverte à l'intérieur de l'habitacle.