Les personnes seules représentent 49% des demandes d'aide alimentaire

Des bénévoles dans une banque alimentaire.

Le visage de la faim change encore au Québec. Alors que la période des Fêtes et des réjouissances approche, des dizaines de milliers de personnes peinent encore se nourrir convenablement au quotidien.

 

La moitié des gens (49%) qui ont fait appel aux services des banques alimentaires cette année étaient des personnes seules, selon le dernier Bilan-Faim.

La preuve que le visage de la faim est en constante évolution, 13,5 % des bénéficiaires en 2019 occupaient un emploi durant cette période et peinaient quand même à mettre à manger sur la table, un nombre en augmentation. Les chiffres varient par région et vous pouvez les consulter ICI.

La structure même de l'emploi au Québec peut être responsable de ces chiffres, selon la directrice générale des Banques alimentaires du Québec.

« Il y a des emplois qui sont à statut précaire. Bien entendu, avec l'augmentation du salaire minimum, il y a des entreprises qui vont modifier un peu la structure aussi de leur organisation du travail, et ç'a des impacts. Des gens qui occupaient un emploi doivent en occuper parfois deux, et même parfois trois pour joindre les deux bouts, ça devient épuisant. »

- Annie Gauvin, directrice générale des Banques alimentaires

En 2019 à travers la province, 1,9 million de demandes d'aide ont été reçues chaque mois, ce qui représente 500 000 personnes aidées. 39% des demandes de paniers de provisions proviennent de ménages qui ont des enfants.

Mieux structurer l'aide

Plusieurs facteurs peuvent expliquer la hausse des demandes, mais Annie Gauvin estime que grâce à la sensibilisation, les personnes vulnérables ont de moins en moins honte de demander de l'aide pour s'en sortir.

Par contre, elle croit que le réseau devrait être encore mieux structuré afin de permettre aux organismes locaux de bien répondre aux besoins. Le nombre de personnes aidées par mois est plutôt stable, tout comme les ressources gouvernementales, jugées insuffisantes.

« Ce que les moissons sont capables de faire collectivement, c'est de récolter de 35 à 40 millions de denrées par année. Si on structure bien le réseau et qu'on donne les moyens aux moissons d'offrir un service adéquat, on aide l'ensemble des gens à travers le Québec. »

- Annie Gauvin, directrice générale des Banques alimentaires du Québec

Elle donne d'ailleurs l'exemple d'un homme d'une quarantaine d'années de Mont-Joli, dans le Bas-Saint-Laurent. Il est venu à la moisson une journée où des gâteaux étaient distribués, et au moment de recevoir le sien, il s'est mis à pleurer. Il a alors confié aux bénévoles que c'était la première fois de sa vie qu'il recevait un gâteau le jour de son anniversaire. Pour la directrice générale de l'organisme, cette histoire représente bien la différence que font les organismes dans la vie des gens.

Une façon pour la population d'aider, c'est de participer à la Grande Guignolée des Médias, qui revient cette année le 5 décembre. Il est aussi possible de faire du bénévolat auprès des différents organismes d'aide alimentaire.

Quelques chiffres pour 2019

- 190 000 collations offertes aux enfants dans les écoles
- Hausse de 49 % des repas offerts aux personnes âgées par les popotes roulantes
- 1 200 organismes communautaires locaux viennent en aide à la population, soit 4 000 employés et 12 000 bénévoles
- 35 à 40 millions de kilos de denrées sont récupérés grâce au Programme de Récupération en Supermarchés, pour une valeur de 200 millions de dollars.
- Nombre de repas offerts en baisse de 1,7 % par rapport à 2018, mais hausse de 2,4 % des collations

Source: Bilan-Faim 2019