Lieux de culte: la police de Montréal hausse le ton

Gyrophares

La police de Montréal (SPVM) serre la vis aux lieux de culte dans les secteurs d'Outremont et du Plateau Mont-Royal. Depuis vendredi soir, environ 300 organismes et contrevenants font l'objet d'un rapport d'infraction général.

Le SPVM a mis sur pied un service d'ordre dans ces arrondissements pour s'assurer du respect des mesures sanitaires. Les policiers sont donc plus présents sur le terrain pour sensibiliser les gens et dissuader toute infraction.

Cette façon de faire est rendue nécessaire en raison des nombreuses interventions effectuées depuis le début du week-end dans différents lieux de culte.

Vendredi soir, le SPVM a démantelé un premier rassemblement illégal dans une synagogue de la communauté juive hassidique. La majorité des contrevenants ont quitté les lieux en fonçant sur les agents. Quatre d'entre eux ont été victimes de voies de fait, mais personne n'a été blessé.

Samedi avant-midi, les forces de l'ordre ont dû intervenir à deux autres reprises dans des synagogues. Les trois organismes responsables, ainsi que 66 contrevenants ont été identifiés et visés par un rapport d'infraction général. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) devra décider si des sanctions seront imposées. Deux personnes ont aussi été arrêtées pour menaces et entraves au travail des policiers.

Durant l'après-midi et la soirée de samedi, onze lieux ont été visités par les agents du SPVM, notamment à la suite d'appels de citoyens. Des infractions ont été constatées dans neuf de ses endroits.

« L'organisme responsable de chacun de ces lieux fera l'objet d'un rapport d'infraction général soumis au DPCP. De plus, 223 contrevenants ont été identifiés et feront également l'objet d'un rapport d'infraction général les exposants aux mêmes conséquences que l'émission d'un constat d'infraction. »

- Caroline Chèvrefils, porte-parole du SPVM

Quinze constats d'infraction ont été émis pour rassemblement illégal et un pour le non-respect du couvre-feu, lors de ces plus récentes interventions.

Les policiers ont été traités de «nazis» plusieurs fois au cours des différentes opérations.

Réactions dans la communauté

Ces injures ont été condamnées par plusieurs institutions de la communauté juive.

Dans un communiqué, le Conseil des juifs hassidiques du Québec dit regretter que des membres de ses communautés ne respectent pas les directives de la Santé publique en lien avec la pandémie et les exhorte à se conformer aux règlements.

Le Conseil reproche toutefois au SPVM de mal interpréter le règlement qui s'applique aux rassemblements religieux.  En vertu d'un arrêté ministériel publié jeudi, 10 personnes maximum peuvent «faire partie de l’assistance» d’un lieu de culte.

« Le Conseil remarque que le service de police de la ville de Montréal ne semble pas comprendre que le décret gouvernemental sur la santé publique et le protocole mis en place par la CNESSST avec les responsables des lieux de culte permettent l'ouverture de plusieurs salles de prières dans un même édifice en autant que ce même édifice ait des entrées séparées sur la rue. Cette méconnaissance des règlements mise en place par les autorités policières ajoute à la confusion. »

L'organisme affirme que les directives permettent d'ouvrir plusieurs salles de prières pouvant accueillir chacune un maximum de 10 personnes, pourvu que l'édificie ait des entrées séparées sur la rue. 

De son côté, le Centre consultatif des relations juives et israéliennes-Québec a condamné les événements de la fin de semaine.

Le chef de l'opposition au conseil municipal de Montréal Lionel Perez, lui-même de confession juive, déplore également la situation: