Un ancien entraîneur de hockey de Montréal condamné à 1 an de prison


La Cour supérieure du Québec est vue à Montréal, le mercredi 27 mars 2019. (Ryan Remiorz | La Presse canadienne)

Un ancien avocat et ex-entraîneur de hockey qui a filmé des mineurs avec une caméra cachée dans la salle de bain d'un chalet de Québec a été condamné jeudi à un an derrière les barreaux. 

Ce texte est une traduction d'un article de CTV News.

Samuel Beaugé-Malenfant, 29 ans, a été arrêté en 2018 à Boucherville, sur la Rive-Sud de Montréal, après une enquête de la Sûreté du Québec (SQ).

Le juge de la Cour du Québec, Érick Vanchenstein, l'a condamné jeudi après avoir plaidé coupable l'an dernier à un chef de production de pornographie juvénile et à un chef de voyeurisme.

La Couronne réclamait une peine d'emprisonnement de 30 mois, tandis que la défense réclamait une peine de 90 jours à purger les fins de semaine et trois ans de probation.

Selon un exposé conjoint des faits, Beaugé-Malenfant avait installé une caméra-espionne à l'intérieur d'un réveil dans la salle de bain du chalet de sa tante. Il avait invité un couple et leurs trois enfants, âgés de 17, 13 et 11 ans, au chalet en août 2018 et leur avait demandé d'utiliser la salle de bain à l'étage puisque les toilettes du sous-sol étaient brisées.

Un parent des enfants —  dont certains étaient des joueurs qu'il avait entraînés — a découvert la caméra cachée, qui était positionnée de telle manière qu'elle permettait de filmer les enfants lorsqu'ils utilisaient les toilettes.

La famille a immédiatement contacté la police, qui a ensuite trouvé 34 vidéos suite à une inspection.

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«Nous vivons dans un monde cruel»

Au tribunal, les parents ont décrit l'immense culpabilité qu'ils ressentaient pour ne pas avoir protégé leurs enfants d'un homme en qui ils avaient confiance pendant quatre ans. Ils ont dit que l'épreuve était un «cauchemar».

«Je m'en veux encore aujourd'hui et je ne pourrai jamais me pardonner», a témoigné l'un des parents.

«Nous nous sommes sentis en colère et coupables de ce que nous avons fait à nos enfants. Nous n'avons pas été en mesure de les protéger comme un parent est censé le faire», ont déclaré les parents au tribunal.

«D'abord, je me suis senti coupable d'avoir amené l'accusé dans notre famille et notre cercle d'amis. J'ai encore du mal à croire ce qui s'est passé. J'aimais vraiment l'accusé et je pensais qu'il était une bonne personne. L'une des raisons pour lesquelles il a gagné ma confiance était parce qu'il avait des choses en commun avec moi. Après cet événement, je me suis mis en colère en pensant  toutes les fois où il aurait pu potentiellement filmer ou agresser mes enfants ou les enfants de mes amis. J'ai perdu le jugement et mon estime de moi en a pris un coup», a affirmé un parent.

«J'ai longtemps évité d'aller dans les arénas pour ne pas avoir à affronter des parents qui connaissaient tous notre histoire. J'avais honte de ne pas pouvoir protéger les jeunes joueurs de hockey sur gazon que l'accusé côtoyait à cause de moi.»

L'une des victimes adolescentes a témoigné de la douleur que l'ancien entraîneur a infligée à sa famille.

«Nous vivons dans un monde cruel et des gens comme Sam en sont l'une des raisons», a-t-elle déclaré.

Risque de récidive 

Un rapport présentenciel décrit Beaugé-Malenfant comme quelqu'un qui a eu du mal à accepter d'être gai sous les pressions du monde du hockey «macho». Après avoir démissionné du Barreau du Québec, il a perdu son emploi d'avocat, mais a depuis trouvé du travail dans le domaine juridique.

Un psychologue qui l'a évalué a conclu que le risque de récidive est «supérieur à la moyenne», mais que le risque serait plus faible grâce à la poursuite de la thérapie, selon un rapport présentenciel.

Le juge a également imposé trois ans de probation et 150 heures de travaux d'intérêt général après que Beaugé-Malenfant ait purgé sa peine.

Il lui est également interdit pendant les 10 prochaines années d'être dans un parc public, une piscine publique, une garderie ou une aire de jeux où des personnes de moins de 16 ans devraient être présentes.

Pendant cette période, il n'est pas non plus autorisé à se trouver à moins de deux kilomètres du domicile des victimes ; à obtenir un emploi ou un poste de bénévole où il serait en position d'autorité sur une personne de moins de 16 ans et à avoir des contacts avec une personne de moins de 16 ans, sauf sous la surveillance de quelqu'un qui est au courant de ses accusations.