Une infirmière exténuée quitte pour sa qualité de vie

Emy Coutu, infirmière

Une infirmière clinicienne a relancé le débat sur la pénurie de personnel en santé en expliquant les raisons de sa démission, samedi, sur les réseaux sociaux. Emy Coutu a quitté son emploi d'infirmière aux soins intensifs de l'hôpital Pierre-Le Gardeur, à Terrebonne, pour une agence privée. 

Elle s'est rendue malade avec le temps supplémentaire obligatoire imposé (TSO) en effectuant du 50h à 60h par semaine. Après 10 ans à travailler pour le CISSS de Lanaudière, l'infirmière s'est rendue à l'évidence que quelque chose ne tourne pas rond avec le réseau public de santé. Sa publication sur les réseaux sociaux a attiré près de 5 000 mentions «j'aime» en quelques jours.

«C’est la tête légère que je quitte un travail qui m’a rendu malade, qui m’a épuisé et ma remise longuement en question face à mon choix de carrière. Le début de l’année 2021 n’aura pas été facile et oui, le travail en a été l’une des causes principales. On ne mentionne pas suffisamment encore les TSO, les changements d’horaires de dernière minute, le manque de personnel criant et multiples autres problématiques qui font de notre système, un navire sur le point de couler.» - extrait Facebook Emy Coutu

En quittant pour le privé, Emy Coutu s'assure d'un horaire de travail régulier du lundi au vendredi ce qui facilite considérablement la conciliation travail famille.

Plus de 4 000 infirmières ont quitté leur emploi un an après le début de la pandémie en hausse de 43%. 

 



 

DE PRÉPOSÉ À CAMIONNEUR

Carl Deschars aussi en a eu assez de son travail après 22 ans de service comme préposé aux bénéficiaires dans un pavillon de l'hôpital Louis-Hyppolite Lafontaine il y a environ 19 mois pour devenir camionneur. Il a su que sa carrière était terminée après avoir frappé un mur en se rendant au travail un certain matin.

«Je suis venu pour sortir de l'auto et le coeur m'a levé. Je suis retourné chez moi et ça a été fini. Le temps supplémentaire, les conditions de travail, on rentre et on est deux pour 44 patients (...) les conditions c'étaient zéro.» - Carl Deschars

Celui qui se décrit comme un homme de coeur en a aussi eu assez d'affronter la détresse des patients jour après jour. Carl Deschars se dit découragé par le sous-financement du système et du manque de ressources pour prendre soins des patients québécois.

«On est avec des personnes âgées qui ont travaillé toute leur vie et on leur offre les pires conditions. On pense pouvoir leur offrir une belle fin de vie, mais on ne peut pas. On n'a pas les outils!»

Pour stimuler l'embauche de préposés aux bénéficiaires, le gouvernement Legault a promis l'an passé d'augmenter les salaires à 26$ l'heure. C'est l'équivalent de 49 000$ par année.