VIDÉO : La baleine à bosse s'échoue à Varennes

La baleine à bosse, qui a été retrouvée décédée près de Varennes ce matin, est présentement remorquée. Le mammifère marin qui a conquis le coeur des Montréalais avec ses prouesses dans le Vieux-Port se serait échoué sur un haut fond à la hauteur de l'île Beauregard, après avoir dérivé sur un nombre indéterminé de kilomètres.

Deux bateaux de Pêches et Océans Canada ont attaché des cables au cétacé pour le tirer vers la rive. À 16h30, ils se trouvaient à la hauteur de Sorel. Les équipes cherchent un endroit où ils pourront la faire échouer pour pratiquer une nécropsie demain, afin de déterminer la cause de sa mort.

«Il faut avoir un espace sécuritaire pour que la baleine puisse y être déposée, ramenée bien comme il faut sur terre, et que l'équipe de vétérinaires de la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal puisse faire la nécropsie.»

-Marie-Ève Muller, porte-parole du Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins

Les premières images de la baleine à bosse qui manquait à l'appel depuis 2 jours ont été captées par un pilote maritime vers 6h ce matin. Il s'agit de Simon Lebrun, membre de la Corporation des pilotes du Saint-Laurent. 

Écoutez l'entrevue réalisée par le journaliste, Étienne Phénix : 

CTV Montréal/La carcasse de la baleine à bosse a été localisée au large de l'île Beauregard à Varennes en Montérégie

La femelle de 2 ans a été vu pour la dernière fois dimanche matin dans l'Est de Montréal à la hauteur de Pointe-aux-Trembles, à 400 kilomètres de son habitat naturel. Depuis, des navires de Pêches et Océans Canada sillonnaient les eaux du fleuve Saint-Laurent pour le retrouver.

On pense que le cétacé remontait le fleuve pour regagner l'eau salée après être passé plusieurs jours en eau douce. Selon les spécialistes, il aurait pu se rendre à Tadoussac en moins de 48h.

La carcasse sera étudiée par les chercheurs. 

«On pourra voir si la baleine avait déjà une maladie ou si elle a été frappée par une embarcation. On va aussi savoir si elle parvenait à se nourrir dans le secteur de Montréal. Ce sont des données très précieuses.» 

- Marie-Ève Muller, porte-parole du Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins

UN SPECTACLE DE 15 TONNES

La première observation du mammifère marin a eu lieu le 30 mai à la hauteur du pont Jacques-Cartier à Montréal. C'était la première fois qu'un rorqual à bosse était observé aussi loin en amont sur le fleuve Saint-Laurent. Les spécialistes ne comprennent toujours pas pourquoi la baleine s'est retrouvée si loin de chez elle. Le rorqual à bosse avait été observé jeudi matin à Trois-Rivières.

Le mastodonte mesurant environ 10 mètres de longueur et pesant environ 15 tonnes en a donné plein la vue aux Montréalais en multipliant les sauts à contrecourant plusieurs jours à la hauteur du quai du Vieux-Port. Déjà, les experts marins craignaient pour sa sécurité puisque l'eau douce peut causer des dommages à la peau et des infections à plus long terme.

Plusieurs Montréalais auraient souhaité une intervention humaine pour inciter le géant à reprendre le large. C'est une situation à éviter selon la spécialiste Marie-Ève Muller:

«Partout dans le monde, les techniques d'effarouchement n'ont pas vraiment fonctionné. Parfois elles ont même causé la mort de l'animal. Dans ce cas-ci, on avait une baleine qui est venue à Montréal librement. Elle avait un comportement dynamique et un état de chair qui semblait bon. Elle avait de bonnes chances de pouvoir partir par elle-même.»

Selon les premières hypothèses, le décès aurait été causé par un impact avec un navire.

(Avec la collaboration d'Étienne Phénix, Marie-Pier Boucher, et Audrey Folliot, journalistes Bell Média)