La découverte d'un rempart de 1693 contredite par des chercheurs

Palissade de Beaucours, Vieux-Québec, Archéologie, Vestigesc

Les archéologues se sont emballés trop rapidement en croyant avoir mis la main sur les fondations d'une palissade datant de 1693 dans le Vieux-Québec, il y a deux ans.

Des analyses sur des échantillons de bois menées dans les laboratoires de l'Université Laval démontrent qu'ils se sont trompés d'au moins 80 ans selon Radio-Canada.

La découverte de ce que l'on croyait être les balbutiements des premières fortifications de la Haute-Ville avait été annoncée avec beaucoup d'enthousiasme le 6 novembre 2018 par le premier ministre François Legault qui était accompagné d'un maire Labeaume ému.

Le lieu des fouilles sous la rue Saint-Ursule correspond au tracé de la palissade de Beaucours identifié sur de vieux documents historiques ce qui aurait contribué à induire les responsables en erreur.

Une vaste opération a été lancée dans les jours suivants pour démonter morceau par morceau les fascines et les autres grandes pièces de bois afin de les faire sécher dans un environnement contrôlé.

La dendrochronologie ne ment pas

Les chercheurs du département de dendrochronologie du Centre d'études nordiques de l'Université Laval ont pu expertiser deux échantillons de bois récupérés parmi les vestiges.

Leur méthode qui consiste à déterminer l'âge d'un arbre en fonction du nombre d'anneaux de croissances et des données historiques établit que les deux pièces datent de 1751 et 1775.

Des cernes s'ajoutent aux troncs d'arbres à l'arrivée de l'hiver, ce qui permet de confirmer leur âge pour une région en comparant avec d'autres références. C'est de cette façon que l'équipe du professeur Martin Simard s'y est prise.

Tout porte à croire que les madriers n'ont donc pas été utilisés pour ériger une palissade compte tenu de l'époque. Il pourrait plutôt s'agir de vestiges d'une écurie par exemple.

Pas encore convaincu

La firme Ruralys qui est responsable du chantier archéologique n'est pas encore prête à accepter ces nouvelles conclusions. Selon le Journal de Québec, une deuxième expertise a été commandée afin d'appuyer la thèse de départ.

Ruralys ajoute que ses affirmations s'appuient sur un ensemble de données qui incluent la cartographie et les traités de fortifications du 17e siècle.