Le Bloc Québécois refait une percée à Québec

Yves-François Blanchet

Le Bloc Québécois change la donne dans la région de Québec où il effectue un retour.

Le parti souverainiste arrache deux circonscriptions aux conservateurs alors que les électeurs ont préféré Julie Vignola à Alupa Clarke dans Beauport-Limoilou et Caroline Desbiens à Sylvie Boucher dans Beauport-Côte-de-Beaupré-Île-d'Orléans-Charlevoix.

Soulignons que Caroline Desbiens a fait les manchettes en fin de campagne pour des propos anti-islam tenus sur les réseaux sociaux par le passé. Ses déclarations embarassantes, comme celles de trois autres collégues bloquistes ont été rapportées par le Journal de Québec.

Les candidats bloquistes ont par ailleurs été impliqués dans des courses à deux ou à trois dans la majorité des circonscriptions de la région.

Les libéraux sont parvenus à conserver leurs acquis obtenus en 2015. Joël Lightbound a facilement été élu pour un second mandat dans le comté de Louis-Hébert avec un appui qui dépasse les 40%.

Son collègue Jean-Yves Duclos a dû faire preuve de beaucoup plus de patience après avoir été talonné toute la soirée par la bloquiste Christiane Gagnon. C'est vers 2h05 le lendemain du jour du vote que la réélection du ministre de la Famille sortant a été confirmée avec une mince avance de 215 voix.

Son adversaire de 71 ans pourrait contester le résultat après avoir évoqué la possibilité d'irrégularités dans le processus.

Un bleu qui pâlit

Les conservateurs se retrouvent ainsi avec six députés dans la région de Québec, si on exclut la Beauce. C'est deux de moins que lors des dernières élections fédérales, il y a quatre ans. 

Gérard Deltell, Pierre Paul-Hus, Joël Godin, Steven Blainey, Jacques Gourde et Bernard Généreux ont tous obtenu, et ce, plutôt facilement, un nouveau mandat dans l'opposition.

Ils s'expliquent mal la débandade de leur parti dans toute la province alors qu'ils s'étaient engagés à ne pas contester la Loi sur la laïcité, à créer un rapport d'impôt unique pour les Québécois et à donner plus d'autonomie à la province en matière d'immigration. Toutes ces promesses étaient des revendications du gouvernement Legault.

Ce n’est pas qu'on n'est pas bons les conservateurs au Québec. On a quand même fait élire une dizaine de personnes. Il est encore trop tôt pour faire des analyses. La réalité c'est vrai qu'au Québec on avait de grandes attentes''

- Gérard Deltell sur les ondes de RDI 

Maxime Bernier ne passe pas

Les Beaucerons sont demeurés fidèles aux conservateurs lundi.

Ils ont rejeté Maxime Bernier et son nouveau Parti populaire du Canada en élisant plutôt Richard Lehoux dans la circonscription de Beauce.

L'ancien producteur de lait et ex-maire de Saint-Elzéar obtient l'appui de près de 39% de ses électeurs.

Maxime Bernier avait claqué la porte du Parti conservateur après avoir terminé dernier dans la course à la chefferie.

Il aura passé les 13 dernières années à la Chambre des communes à Ottawa.

Aucun candidat du PPC n'est passé aussi proche que Maxime Bernier de remporter un siège à Ottawa. Le politicien a l'intention de poursuivre son implication au sein de sa jeune formation politique. Il salue d'ailleurs le travail de ses quelque 300 candidats à travers le pays.

Ils l'ont fait malgré des attaques honteuses. Ils n'ont pas fait ça pour rien. Ils ont construit les fondations d'un mouvement qui ne fait que commencer. Nous sommes le parti qui grandit le plus vite dans l'histoire canadienne et nous allons continuer de grandir dans les prochains mois et années.

- Maxime Bernier, chef du PPC

Le Globe and Mail révélait en fin de semaine qu'une firme embauchée par les conservateurs aurait mené une campagne secrète afin de dépeindre les militants du Parti populaire du Canada comme des racistes.

Une plainte a été déposée au Commissaire aux élections fédérales.