Le tramway ne passe pas l'épreuve du BAPE

tramway, Pie XII

Le Bureau d'audience publique sur l'environnement recommande au gouvernement de refuser le projet de tramway à Québec. La version du tracé de 3,3 milliards de dollars ne répond pas de façon optimale aux besoins de la région en matière de mobilité selon l'organisme.

Le rapport de 441 page reproche entre autres à l'administration Labeaume de ne pas avoir considéré assez sérieusement l'option du métro léger. C'est donc dire qu'il juge insuffisant l'étude comparative des modes de transports réalisée par la firme Systra. Cette même firme était déjà embauchée par la ville pour l'accompagner dans le projet avant que l'analyse soit commandée.

Le BAPE note également que la conception du tunnel de 2 kilomètres qui reliera la colline parlementaire au centre-ville se base sur des études incomplètes ce qui pourrait faire gonfler la facture.

Qui plus est, le effet du tramway n'auront que très peu d'effets pour améliorer la circulation aux heures de pointes, bien que sa phase d'exploitation ralentira la hausse du nombre de véhicule sur les routes. Les commissaires s'interrogent par ailleurs sur les conséquences de la plateforme du tramway qui limitera des dizaines de virages à gauche au point de « de modifier les schémas de circulation des rues adjacentes au tracé et d’y augmenter significativement le débit routier ».

Les auteurs soulignent aussi les mesures de réduction du bruit à la source ne seraient pas « suffisantes » pour trois segments du tracé, soit entre le boulevard des Quatre-Bourgeois et le boulevard du Versant-Nord, sur la rue du Chalutier et dans le secteur du Trait-Carré.

La commission insiste sur la nécessité que la capitale se dote d'un réseau de transport structurant performant avec le soutien financier des gouvernements, mais pas dans sa mouture actuelle.

Même si le projet de tramway proposé constitue incontestablement une amélioration du
réseau de transport collectif de la ville sur le plan de l’offre de service, sa capacité à répondre de manière optimale aux défis de mobilité de la ville, et plus largement à ceux de la Communauté métropolitaine de Québec, n’est pas démontrée. Cela est d’autant plus préoccupant lorsque l’on considère le montant des fonds publics engagés et les importantes répercussions du projet sur le milieu.

Extrait du rapport du BAPE sur le tramway

Rappelons que le BAPE a analysé pendant près de deux mois les moindres détails du projet que ce soit l'aspect des budgets, de l'achalandage, de l'impact sonore, de la performance, di choix du tracé, du mode de transport, du nombre d'arbres abattus et de la pollution.

Le gouvernement Legault attendait le rapport avant de donner le feu vert ou non à la prochaine phase du projet. Notons qu'il n'est pas tenu d'appliquer les recommandations. 

Le chantier du réseau de transport structurant devait commencer en 2022 avec une mise en service prévue en 2026.

 

LE PLUS GRAND ÉCHEC POLITIQUE DE M.LABEAUME

Les réactions de l'opposition à l'Hôtel de Ville n'ont pas tardé : le chef de Québec 21 Jean-François Gosselin estime que le maire Labeaume vient de vivre le plus grand échec de sa carrière politique et qu'il doit maintenant rendre des comptes.

"Depuis le début, on demande de la rigueur à l’administration Labeaume. Le BAPE aujourd’hui nous donne raison. " - Jean-François Gosselin, chef de Québec 21.

Il réclame la fin de toute dépense liée au tramway et le dévoilement de toutes les sommes investies jusqu'ici par la Ville. 

 

Chez Démocratie Québec, le chef Jean Rousseau qualifie le rapport du BAPE de gifle et de désaveu à l'endroit du maire Labeaume.

"Le BAPE constate que le travail effectué jusqu’à maintenant ne correspond pas aux besoins de mobilité de la Communauté métropolitaine de Québec et que le projet de tramway concocté par le maire de Québec n’a pas l’appui de la population au niveau de l’acceptabilité sociale​." - Jean Rousseau, chef de Démocratie Québec.

Il rappelle que son parti s'est positionné en faveur du tramway, à condition d'avoir un projet qui puisse desservir la Rive-Sud, autant que la Ville de Québec et ses banlieues. 

Avec la participation de Caroline Dumont, journaliste Bell Média.