Tramway : les automobilistes seront chassés de la Couronne

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La construction des deux plus importants pôles d'échanges du tramway entraînera des changements pour le moins notables dans le paysage de Saint-Roch et Sainte-Foy.

L'élément majeur qui ressort de la présentation de la Ville de Québec faite mercredi avant-midi concerne la rue de la Couronne qui sera interdite à la circulation de transit une fois que le tramway sera en fonction dans cinq ans. Le trafic local sera autorisé uniquement entre les rues Saint-Joseph et du Prince-Édouard.

Dans le scénario actuel, la sortie du tunnel est maintenue près du jardin Jean-Paul L'Allier, mais la station d'embarcations est déplacée de l'autre côté du boulevard Charest près de la tour Fresk.

Les déplacements automobiles entre la Colline parlementaire et l'autoroute Laurentienne se feront donc par la rue Dorchester qui sera élargie pour permettre la circulation dans les deux sens, avec deux voies dans chacune des directions. À l'origine, les rails devaient être aménagés en bordure de la rue de la Couronne, mais ils seront finalement installés au centre de la chaussée afin de rendre la marche et le vélo plus sécuritaires.

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L'ajout d'une quatrième voie sur la rue Dorchester signifie la disparition d'une quarantaine de places de stationnement. Les modifications de tracé comprennent aussi une interdiction de tourner à gauche entre 6h00 et 18h00 en semaine pour les automobilistes sur le boulevard Charest.

Quatre voies qui montent et qui descendent sur la côte d'Abraham, je pense que c'est naturel. Saint-Roch, ça va changer dramatiquement. C'est un gain immense. Ça va être simple s'adapter.

- Régis Labeaume, maire de Québec

Le tramway poursuivra son trajet sur la rue du Chalutier pour rejoinre le pôle d'échanges Saint-Roch qui sera situé sur l'ancien terrain de la Croix-Rouge. L'administration Labeaume préconise l'aménagement d'espaces verts plutôt que d'encourager la construction de commerces et de restaurants autour du pôle qui comptera 18 quais d'embarquement pour les autobus. Les résidents de la rue du Chalutier sont renversés par le changement de tracé qui aura des conséquences sur leur qualité de vie. Ils exigent des études sur le bruit et les vibrations.

Un pont d'étagement sur Laurier

Du côté de Sainte-Foy, le tramway qui empruntera le centre du boulevard Laurier ira rejoindre le pôle en tournant en direction nord par les terrains de la station-service Ultramar et derrière le Canadian Tire. Des discussions sont en cours avec les propriétaires afin d'obtenir les terrains désirés, sans quoi il y aura des expropriations. 

Le pôle d'échange du Réseau structurant de transport en commun sera construit en surface sur les espaces de stationnement de l'édifice qui abrite les bureaux de l'Industrielle Alliance. Il comprendra 12 quais d'embarquement dont 7 pour les autobus de Lévis. Rappelons que la ville a renoncé plus tôt cette année au scénario d'un terminus sous le projet du Phare de Québec.

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Un pont d'étagement sera aménagé sur le terrain de la station-service afin de permettre aux automobilistes de circuler sous le tramway qui se dirigera vers le nord de la ville. La structure ne sera pas aussi imposante que celle qui passe sous le chemin Ste-Foy et les concepteurs cherchent à éviter « un effet béton et tunnel » aux dires du maire Régis Labeaume.

C'est une structure d'étagement qui va avoir deux voies tramway allez-retour et qui va avoir deux voies pour les autobus. On a comme objectif de bien garder la perspective sur Laurier qui va devenir très beau.

- Régis Labeaume, maire de Québec

La ville confirme que le trajet empiétera sur les terrains de soccer de l'école secondaire de Rochebelle. Ils seront déménagés à proximité du futur Centre de glaces qui est sur le point d'être complété. La ville assumera les frais et en profitera pour bonifier la qualité des terrains sportifs.

Les pôles d'échanges n'hébergeront par de restaurants, des cafés, des boutiques, des garderies et des garderies tel que présenté dans les scénarios initiaux pour des raisons de sécurité. Le maire Régis Labeaume avoue avoir déchanté puisque des règles internationales pour ce type de bâtiment oblige qu'ils soient « totalement lumineux et qu'ils n'y ait aucun lieu ou des gens potentiellement ne pourraient être identifiés ».