Un épileptique coupable de négligence pour la mort d'une femme enceinte à Québec

Jonathan Falardeau Laroche

Le tribunal a tranché après plus de trois mois de délibérations. Jonathan Farladeau-Laroche a fait preuve de négligence criminelle ce qui a entraîné mort d'une femme enceinte de 40 semaines, le 10 août 2016, face au CHUL sur le boulevard Laurier à Québec.

Le juge Pierre-L Rousseau a aussi déclaré l'homme de 25 ans coupable de deux autres chefs de négligence causant des lésions dans un jugement de 26 pages où il note le comportement insouciant, téméraire et égoïste de l'accusé qui a pris le volant, même s'il était bien conscient des risques élevés de subir une crise d'épilepsie.

En prenant la décision de conduire, l'accusé s'est montré insouciant et téméraire à l'égard de la vie et la sécurité d'autrui.

- Le juge Pierre-L Rousseau

Marie-Pier Gagné, 27 ans, revenait d'un suivi de grossesse en avant-midi lorsqu'elle a été fauchée, sous les yeux de son conjoint et de plusieurs témoins, par la Kia Rio blanche de l'accusé. Elle se trouvait alors sur le terre-plein central du boulevard face au Centre Mère-Enfant.

Sa fille est née d'une césarienne sur les lieux du drame avec deux fractures du crâne. La passagère d'un autre véhicule a aussi été blessée dans l'accident.

Falardeau-Laroche, qui est resté de marbre pendant une bonne partie de la lecture du verdict, a semblé secoué lors des dernières minutes lorsqu'il a compris quel sort l'attendait. Il reste en liberté en attendant sa sentence, lui qui est passible de l'emprisonnement à vie.

Sa prochaine comparution aura lieu le 3 décembre pour les représentations sur sentence.

Une défense qui ne tient pas la route

Le juge Rousseau n'a accordé aucune importance aux arguments de la défense qu'il a pris le temps de démonter un par un. 

L'avocat Me Simon Roy faisait valoir que les témoignages des collègues de travail de l'accusé ainsi que celui du neurologue Michel Sylvain n'étaient pas crédibles. Le magistrat a indiqué qu'au contraire, leurs versions selon lesquelles Falardeau-Laroche n'aurait jamais dû conduire étaient dignes de foi et très crédibles.

Le juge fait plutôt remarquer que la seule contradiction qui est ressortie du procès vient de l'accusé qui a menti en prétendant que son médecin lui avait affirmé qu'il pouvait prendre le volant, s'il se sentait bien.

Dans le seul but, bien égoïstement, de conduire à tout prix son véhicule automobile afin de conserver son emploi, il ment à son entourage, à la Dr Julie Dutil et à lui-même.

- Le juge Pierre-L Rousseau

Le jeune homme sortait tout juste d'une consultation avec le spécialiste quand il a été victime d'une absence à l'origine de sa perte de contrôle.

Il était suivi par le Dr Sylvain depuis l'âge de 13 ans.

Ses collègues de leur côté ont évoqué plusieurs épisodes de pertes de conscience et de contact avec la réalité, ce qui les a mené, de leur propre aveu, à le supplier d'abandonner la conduite automobile.

Qui plus est, Jonathan Falardeau-Laroche a été à l'origine d'un accident sur le pont Pierre-Laporte, huit mois à peine avant la tragédie. Encore une fois, il avait déclaré aux policiers avoir été victime d'une absence associée à sa condition épileptique.

Cet événement fait dire au juge qu'il était alors pleinement conscient du danger qu'il représentait, ce qui ne l'a pas empêché de dissimuler sa condition à une médecin afin d'obtenir le renouvellement son permis en 2015.

Satisfaction

Les proches de la victime étaient présents pour entendre le juge au palais de justice de Québec, mais la salle est demeurée silencieuse pendant le verdict.

Ils ont aussi préféré garder leurs commentaires pour plus tard et ne pas parler aux médias.

J'ai l'impression qu'ils sont satisfaits du jugement rendu, qu'ils sont satisfaits que la justice criminelle ait reconnu la responsabilité de Jonathan Falardeau-Laroche.

- Me Thomas Jacques, procureur de la Couronne