COVID-19: tendance à la hausse, mais pas de nouvelles mesures

Le Dr Luc Boileau - Graham Hughes | La Presse canadienne

Il y a bel et bien une tendance à la hausse du nombre de cas de COVID-19 et d'hospitalisations au Québec. Le directeur national de la santé publique par intérim, le docteur Luc Boileau, l'a confirmé dimanche alors qu'il faisait le point sur l'évolution de la pandémie. 

La hausse des cas observée depuis une semaine n'est toutefois pas encore assez marquée pour conclure définitivement à une sixième vague, indique la Santé publique, jugeant quand même ce scénario probable.

Selon les données les plus récentes de l'Institut national d'excellence en santé et en services sociaux, si la tendance se maintient, une hausse des hospitalisations pourrait survenir.

Malgré tout, il n'est pas prévu d'imposer de nouveau des mesures supplémentaires à la population et le Dr Boileau garde le cap pour retirer l'obligation du port du masque le 15 avril.

«La situation a beaucoup évolué (...) On se préparait à une hausse de cas. (…) On n’est pas surpris.» -Dr Luc Boileau

La semaine dernière, devant la montée des cas, les autorités de santé publique n'entrevoyaient plus de lever l'obligation de porter un masque dans les lieux publics avant la mi-avril.

Le Dr Boileau attribuait l'augmentation des cas de COVID-19 dans la province à la montée du sous-variant Omicron BA.2 et à la levée récente des mesures sanitaires, ce qui était attendu.

De nombreuses régions sont touchées par la hausse des hospitalisations et la transmission communautaire. Or, la région de Montréal semble moins touchée pour l'instant. 

Il y a également une augmentation des cas observée chez les travailleurs de la santé et une hausse du taux de positivité aux tests de dépistage. 

En tout, « 8600 travailleurs de la santé sont absents du travail pour des raisons de maladie, et la grande majorité c'est à cause de la COVID-19 ». En comparaison, il y en avait « entre 16 000 et 20 000 » en janvier, durant la vague du variant Omicron.

La 4e dose, pas pour tout de suite

La campagne de rappel pour une quatrième dose de vaccin débutera mardi pour les personnes les plus vulnérables, soit celles qui sont en CHSLD, en résidence pour aînés, qui sont immunosupprimées ou qui sont âgées de 80 ans ou plus.

Or, la santé publique ne prévoit toujours pas recommander une quatrième dose à la population générale. «Nous avons une forte conviction que l'efficacité vaccinale persiste chez les personnes qui ont bénéficié du vaccin, pour la majorité d'entre elles» a dit le Dr Boileau. Comme les personnes vulnérables sont les premières à avoir reçu leurs doses, leur protection s'amoindrira avant celle des autres, d'où la nouvelle campagne de vaccination préventive.

Le Dr Luc Boileau précise toutefois que les personnes vulnérables, quel que soit leur âge, sont «à risque de développer des complications» et doivent rester «vigilantes».

Même si la situation actuelle n'est pas comparable aux mois précédents, la santé publique estime que «la hausse des cas pourrait atteindre la moitié de ce qu'on a connu en janvier». 

« La montée du variant BA.2 et plusieurs indicateurs sont préoccupants actuellement. Il faut que chaque personne agisse de façon responsable et prudente, selon sa situation. » -Dr Luc Boileau

En effet, la majorité des éclosions sont dues aux rassemblements et activités sociales.

«Les consignes de bases sont toujours de mises : le lavage des mains, la distanciation sociale et le port du masque», rappelle le directeur national de santé publique par intérim. Il ajoute qu'il faut «éviter les contacts avec les personnes vulnérables». 

La santé publique rappelle qu'il faut s'isoler et passer un test de dépistage rapide dès l'apparition de symptômes s'apparentant à la COVID-19. Si le résultat est positif, il faut suivre les consignes d'isolement.

 

(Audrey Bonaque, journaliste Noovo Info, avec la collaboration de Marie-Pier Boucher, journaliste Noovo Info et avec des informations de La Presse Canadienne)