JUSTICE | Cinq mois de prison pour avoir filmé une amie avec une caméra cachée

Après trois ans, vendredi sera la dernière journée d'opération au palais de justice temporaire de Rimouski.

La sentence est tombée cet après-midi au Palais de justice de Rimouski​. Vincent-Bernard Couture est condamné à cinq mois de prison pour avoir installé une caméra cachée chez une amie afin de la filmer à son insu. 

Le charpentier-menuisier de 41 ans s'était procuré un faux détecteur de fumée dans lequel était installée une mini-caméra pour filmer la conjointe d'un couple d'amis. Il pouvait entrer dans leur maison, car il avait obtenu la clé de leur maison. Il a d’abord installé la caméra dans la salle de bain, est retourné chercher le dispositif pour télécharger des images de la victime nue sur le disque dur de son ordinateur, avant de déplacer l’appareil dans sa chambre à coucher.

Parmi les facteurs atténuants, la juge a soulevé l’absence d’antécédents judiciaires de l’accusé, le fait qu’il possède un emploi stable, qu’il a plaidé coupable aux accusations et qu’il a démontré de l’empathie envers la victime, mais elle a souligné la prépondérance des facteurs aggravants, dont la planification et la préméditation des gestes, l’abus de confiance et les conséquences majeures du crime sur la victime, son conjoint et son enfant. Elle a mentionné que la victime se sent « trompée et bafouée » et qu’elle « ne se sent plus à l’aise ni en sécurité dans sa propre maison ».

Dans son jugement, elle soutient que le couple d’amis avait une confiance telle envers Vincent-Bernard Couture, que le conjoint a contacté l’accusé pour que ce dernier assiste la victime au moment où elle a découvert la caméra cachée.

La juge Kennedy a rejeté la proposition de la défense, mentionnant qu’une sentence suspendue dans le dossier d’entrée par effraction « aurait pour conséquence de banaliser la situation et de lancer le message que s’introduire dans une maison d’habitation afin d’y installer une caméra dans le but de filmer une personne dans son intimité sans son consentement n’est pas si grave. En ce sens, ce que suggère l’avocate de l’accusé serait de nature à nuire à l’intérêt public et à miner la confiance du public dans l’administration de la justice. »