Le Bas-Saint-Laurent : village gaulois de la pandémie

Le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda

Le Bas-Saint-Laurent fait tourner les têtes en raison de son bilan de la COVID-19. Avec 63 cas confirmés depuis le début de la pandémie, il s’agit de la région ayant le plus faible taux au prorata avec 32 cas par 100 000 habitants. Les CHSLD et les Résidences pour personnes âgées ont été épargnés, de même que les écoles, les CPE et les camps de jour.

Le directeur régional de santé publique, le Dr Sylvain Leduc, attribue cette performance, entre autres, aux respects des mesures sanitaires par la population bas-laurentienne, qu’il qualifie de « tissée serrée » et à la fermeture de la région à un moment jugé opportun, qui a permis de limiter les déplacements alors que le virus circulait dans les autres régions.

Il note également la prise en charge des cas par les équipes de la santé publique, l’accessibilité des tests et la rapidité des analyses. « Entre le moment où quelqu’un a un prélèvement pour la COVID-19 et le moment où on a les résultats pour intervenir, c’est moins de 24 heures. Au Québec c’est une norme qui est dure à battre. »

Selon le Dr Leduc, les centres hospitaliers, les CHSLD, les commerçants et le milieu scolaire ont déployé les mesures sanitaires de manière exemplaire, ce qui a permis de limiter les éclosions.

Le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, était de passage à Rimouski dans le cadre d'une tournée régionale. Il a tenu à souligner le bilan du Bas-Saint-Laurent.

Port du masque obligatoire

Selon le Dr Sylvain Leduc, le port du masque obligatoire, qui entre en vigueur samedi, permettra au Bas-Saint-Laurent de maintenir son bon bilan, considérant que plusieurs personnes de l’extérieur profiteront des vacances de la construction pour visiter la région.

« Les attentes des touristes et des gens du Bas-Saint-Laurent sont les mêmes. Les touristes veulent nous visiter dans un milieu qui est sécuritaire, et nous au Bas-Saint-Laurent on souhaite que les touristes viennent, mais qu’ils se comportent de manière sécuritaire. »

Dr Sylvain Leduc, directeur régional de la santé publique au Bas-Saint-Laurent

Dr Sylvain Leduc, directeur de santé publique du Bas-Saint-Laurent.

Maude Parent, journaliste Bell Média | Dr Sylvain Leduc, directeur de santé publique du Bas-Saint-Laurent

Horacio Arruda indique que le port du masque devra devenir une nouvelle norme sociale au même titre que le lavage des mains et la distanciation sociale. Il rappelle que malgré le sentiment de sécurité qui s’installe au Bas-Saint-Laurent, la population n’est pas à l’abri de nouvelles éclosions.

Malgré plusieurs oppositions à cette mesure, il demande aux Québécois de respecter la consigne, ne serait-ce que pour aider les commerçants locaux en ces temps difficiles. « Faites-le pour vos commerçants, faites-le pour votre économie. N’ayez pas la tête dure par rapport à ça, parce que les commerçants n’auront pas le temps de faire la police. »

Des rassemblements problématiques

Le directeur national de santé publique rappelle l’importance de ne pas tenir des rassemblements de plus de 10 personnes à l’intérieur ou à l’extérieur. « Je suis le premier à vouloir faire un party chez nous avec 25 personnes, de la bière, du barbecue, des côtelettes levées, du poulet piri-piri, des tartelettes portugaises. Je suis le premier à vouloir faire ça, mais ce n’est pas le temps. Ce virus-là il est vilain. »

Le Dr Horacio Arruda indique que les partys privés sont plus problématiques que les bars quant à la propagation de la COVID-19. Il demande une nouvelle fois à la population de respecter les consignes.

 « Quand on dit, c’est 10, on sait qu’il y en a qui seront 12. Si je dis, c’est 25, ça va être 44. C’est ça la nature humaine. C’est 10. Et si vous faites plus que 10, c’est à vos risques et périls. »

Dr Horacio Arruda, directeur national de santé publique

Selon lui, les enquêtes épidémiologiques deviennent également de plus en plus complexes dans un contexte où les invités dans un rassemblement ne se connaissent pas tous.

La direction de la santé publique du Bas-Saint-Laurent indique que pendant le confinement, 3 à 5 contacts étaient identifiés pour chaque individu infecté. Avec le déconfinement, ce nombre peut atteindre entre 15 et 20. « La crainte que l’on a c’est que le même nombre de cas que l’on a eu il y a quelques semaines sera drôlement difficile à contenir si on fait des partys et que les jeunes n’ont même pas la capacité de savoir qui était dans leur propre cours », souligne le Dr Leduc.