Rimouski et le Centre sports JMD jouent du coude dans le dossier du dek hockey

Partie de dek hockey sur le toit du Centre Sports JMD à Rimouski

La situation du dek hockey à Rimouski a soulevé les passions lundi soir lors de la séance du conseil municipal.

Les élus prévoient adopter un règlement afin d’interdire le bruit excessif causé notamment par des sifflets, sirènes, haut-parleurs ou autres à moins de 50 mètres des résidences entre 20 h et 7 h.

Une soixantaine de membres du Centre sports JMD étaient présents pour dénoncer le projet de règlement qui empêcherait la tenue des activités sur la surface extérieure de dek hockey située sur le toit.

« Le premier match est à 18 h. C’est impossible d’avoir une viabilité et d’entretenir des installations sur une période de deux heures par soir, c’est impossible, soutient le copropriétaire Guylain Dupuis. Sur le temps, il n’y a aucun compromis possible, parce que nos activités sont déjà limitées entre 18 h et 22 h. Il va falloir couper et je ne veux pas devoir choisir qui a le droit de jouer. »

Une soixantaine de membres du Centre sports JMD étaient présents à la séance du conseil municipal

Noovo Info | Une soixantaine de membres du Centre sports JMD étaient présents à la séance du conseil municipal

Le maire de Rimouski, Guy Caron, indique que le projet de règlement, qui n’a pas encore été adopté, est une solution en réponse au manque de collaboration de l’organisation qui a quitté la table de négociation en septembre dernier. « On est prêt à négocier et à faire des compromis, mais quand on se fait dire que le seul compromis c’est de rester dans la situation actuelle, ça ne marche pas. Si la firme ne veut pas aider et procéder à de nouveaux tests, on doit poser des gestes pour les gens autour. Ce n’est pas juste la question de la grosse méchante Ville qui veut empêcher le monde de s’amuser, on a une responsabilité. »

Un nouvelle étude sur le bruit

La Ville veut que le Centre sports JMD réalise une nouvelle étude acoustique afin d’évaluer le bruit causé par les activités, puisque la première s’est avérée invalide. Une communication de l’organisation a été envoyée aux membres leur demandant de limiter le bruit pendant la durée des tests, ce qui a faussé les résultats.

Le Centre sports JMD ne nie pas avoir envoyé cette communication, mais soutient qu’il n’est pas réellement possible de se retenir de faire du bruit en plein cœur d’un match.

« Une game de dek reste une game de dek. Quand l’adrénaline est là, peu importe le message qui a été passé, il va y avoir des cris. Quand tu comptes un but, tu vas crier pareil, et les gars sur le banc vont être content et vont cogner pareil. Même si on leur dit de faire attention, ça ne changera rien. »

Sylvain Michaud, copropriétaire du Centre sports JMD

La Ville met donc en demeure l’organisation et lui demande de mener de nouveaux tests de son en plus d’évaluer la possibilité d’installer la surface au sol, ce que le Centre sports JMD refuse, faute de moyens. « Aller au sol, ça nous coûterait plus que 100 000 $, estime Sylvain Michaud. Et on est en pandémie. Depuis deux ans on arrête, on recommence. On a été obligé d’annuler une saison, de rembourser les équipes. C’est très dur et là c’est un obstacle de plus. Le test de son c’est 5 000 $ et on doit en payer un autre et ce n’est même pas sûr que ça sera correct même si on va au sol. »

Les copropriétaires craignent que même s’ils déplacent les installations au sol, le bruit demeure trop élevé et ne respecte pas la réglementation.

Le maire réplique en expliquant que des études sur le bruit permettront de déterminer les mesures à appliquer.

« Pour qu’ils n’aient pas à dépenser de l’argent et réaliser que le problème n’est pas réglé, il existe des techniques de modélisation du bruit au sol. On n’a pas besoin de faire tout le déménagement et investir plusieurs dizaines de milliers de dollars pour se rendre compte que l’on s’est trompé. On peut faire les tests auparavant. S’ils ne veulent pas faire les tests, on ne peut pas avancer. »  

Guy Caron, maire de Rimouski

La Ville suggère également de pratiquer les activités à l’intérieur. Impossible, selon Guylain Dupuis, puisque plus de 50 % des revenus de la ligue proviennent des matchs extérieurs l’été.

Un réglement seulement pour le privé

Plusieurs membres reprochent également aux élus que le projet de règlement touche seulement les activités sportives sur les terrains privés et n’encadre pas, par exemple, les matchs de soccer ou de baseball qui se déroulent sur des terrains municipaux. « Parce que quand c’est fait sur les terrains de la Ville c’est correct ? se demande M. Dupuis. Si on met la patinoire de dek sur le terrain de baseball, ça serait correct. Ce n’est pas logique. Si tu l’appliques à un, tu devrais l’appliquer à l’autre, pourquoi juste pour les entreprises privées ? »

Le maire répond que peu de terrains publics sont touchés. « Les terrains publics à moins de 50 m où les activités sont exercées de façon constante après 8 h le soir, il n’y a pas tant que ça. »

Une pétition pour le maintien de la surface a récolté plus de 1800 signatures.

La Ville et le Centre sports JMD disent être prêts à s’asseoir et à discuter pour dénouer l’impasse.