Fonderie Horne: l'inquiétude et la colère demeurent palpables à Rouyn-Noranda


(Fonderie Horne)

La critique, la colère et l'inquiétude sont toujours vives près de deux semaines suite au renouvellement de l'autorisation ministérielle délivrée par Québec à Glencore, à Rouyn-Noranda.

L'usine de l'entreprise, la Fonderie Horne, doit réduire à 15 nanogrammes par mètre cube ses émissions d'arsenic d'ici cinq ans. À terme, ce seuil va demeurer cinq fois plus élevé que la norme provinciale.

Le plan comprend également la création à proximité de l'entreprise d'une zone tampon qui prévoit la relocalisation de centaines de ménages et le démantèlement de 82 bâtiments.

Lundi soir, de nombreux citoyens se sont présentés devant le conseil de ville pour démontrer une fois de plus leur insatisfaction et demander aux élus d'agir auprès du gouvernement Legault.

«Depuis une semaine, dans mon quartier, c'est l'enfer. Je ne vous cacherai pas que l'annonce a eu l'effet d'une bombe. Il faut vraiment mettre nos culottes en tant que ville», juge Lyne Bouchard, citoyenne de Rouyn-Noranda.

«On n'en veut pas de cet air qu'on nous force à respirer pour encore cinq ans. Peut-être en demandant au monstre de manger moins? Ça n'a pas de bon sens. S'il vous plaît, vous nous représentez! Venez à notre aide. Je vais me battre pour mes petits-enfants», promet Lyne Constant, citoyenne.

«Ce n'est pas en Ukraine, c'est ici, à Rouyn-Noranda, que ça se passe. Commençons par demander au gouvernement de François Legault de refaire leurs devoirs. Ce n'est pas aux Rouynorandiens à payer de leur santé. Je suis désolé, mais cette offre est refusée», ajoute Patrick Lacasse, citoyen.

«En ce moment, toute la population de Rouyn-Noranda et la Ville, on vit une défaite. Le plan n'est pas celui qu'on voulait. On ne peut pas le nier. Garder un orgueil dans la défaite, c'est la pire des choses. On peut se revirer de bord et dire qu'il y a des points positifs, mais on vit une défaite. Il faut l'accuser cette défaite-là et il faut nommer qu'on n'est pas d'accord», conclut Marie-Hélène Massy Emond, citoyenne.

En réponse, la mairesse de Rouyn-Noranda, Diane Dallaire, a réitéré que la volonté du conseil, c'est l'atteinte de la norme québécoise le plus rapidement possible.

«Premièrement, ce qu’il faut comprendre, c'est que l'autorisation, elle est là. Elle a été décidée par le ministère de l'Environnement. C'est ça pour cinq ans. J'espère que tout le monde comprend ça. D'où l'importance d'avoir un comité de vigie», explique la mairesse, Diane Dallaire.

«Oui, on exigeait les trois nanogrammes le plus rapidement possible. La Santé publique et le Dr Boileau nous sont revenus, même l'INSPQ, pour nous dire que 15 nanogrammes dans les cinq prochaines années, c'est sécuritaire. On ne pouvait pas remettre ça en question. Vous pouvez ne pas être d'accord, mais nous, on a accepté», renchérit Sébastien Côté, conseiller municipal du district Marie-Victorin/Du Sourire.