Arsenic à Rouyn-Noranda: une nouvelle étude de biosurveillance dès octobre

Les installations de la Fonderie Horne, dans le quartier Notre-Dame de Rouyn-Noranda, en mai 2019.

Une nouvelle étude de biosurveillance sera menée dans le dossier de l'exposition à l'arsenic dans le quartier Notre-Dame, à Rouyn-Noranda.

 

Elle débutera en octobre et se poursuivra jusqu'à l'été prochain. Cette fois, tous les citoyens de 9 mois et plus qui résident dans le quartier depuis plus de six mois sont ciblés.

La Direction de santé publique du CISSS de l'Abitibi-Témiscamingue a choisi de dévoiler son plan d'action dans le dossier à la suite d’une rencontre avec le comité consultatif de suivi de l'étude, par souci de transparence.

C'est pour avoir un portrait plus complet de l'exposition de la population du quartier Notre-Dame, indique la médecin-conseil à la Direction de la santé publique, Dre Omobola Sobandjo.

«  [L'étude nous aidera] à mieux définir la contribution de l'air ambient, par exemple, dans l'exposition de la population du quartier, parce que nous, avec les dernières études, on soupçonnait plus la contribution du sol, mais il y a quelques aspects de la dernière étude qui nous laissent croire que l'air ambient contribue un peu plus qu'on s'y attendait. »

- Dre Omobola Sobandjo, médecin-conseil à la Direction de la santé publique

Cette fois encore, l'exposition à l'arsenic sera mesurée par l'analyse des ongles des participants. Un feuillet d'information sera envoyé à tous les résidents du quartier d'ici quelques semaines.

L'exposition des enfants qui ne vivent pas dans le quartier Notre-Dame, mais qui fréquentent l'école ou le CPE du secteur, sera aussi mesurée, mais en juin 2020.

La DSPu s'attend à ce que les concentrations chez les adultes soient moins importantes que chez les enfants, même s'ils sont exposés au même taux d'arsenic.

« Les enfants, ce qui les rend plus susceptibles, c'est leur physiologie et leur comportement, c'est-à-dire le fait qu'ils sont plus petits, donc ils sont plus près de terre et plus susceptibles de respirer les poussières qui seraient mises en suspension. Ils sont également plus portés à porter leurs mains dans la bouche ou des objets qui pourraient être contaminés. »

- Dre Omobola Sobandjo, médecin-conseil à la DSPu

La direction de Santé publique poursuivra aussi, parallèlement à cette étude, la surveillance des sols entamée cet été. Elle vise autant des terrains privés que des ruelles, même en dehors du quartier, pour voir jusqu'où s'étend l'impact du panache de la cheminée de la Fonderie

Les différents étapes prévues de la nouvelle étude de biosurveillance 2019-2020

DSPu. Les différents étapes prévues de la nouvelle étude de biosurveillance 2019-2020

Une demande pour abaisser le seuil de restauration

Une demande a aussi été adressée à la Fonderie Horne afin que le seuil pour qu’un sol soit restauré soit abaissé de 100 à 30 parties par million d’arsenic, pour réduire l'exposition des enfants.

La députée solidaire de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Émilise Lessard-Therrien, salue la décision d'élargir l'étude. Elle croit toutefois que la Fonderie devrait amener son seuil encore plus bas.

« C'est nettement insuffisant. Dans quelques mois, même si on décontamine davantage les sols, le travail sera à refaire encore et encore, car le ministère de l’Environnement permet toujours à la Fonderie d’émettre des quantités astronomiques de polluants dans l’air. Il faut donc aller encore plus loin, en exigeant qu’une nouvelle cible de réduction des émissions soit identifiée le plus rapidement possible. La DSP joue son rôle, mais c’est maintenant au ministère de l’Environnement de jouer le sien! »

- Émilise Lessard-Therrien, par voie de communiqué

Émilise Lessard-Therrien s'adresse à des militants réunis à Rouyn-Noranda.

Gracieuseté Facebook. Émilise Lessard-Therrien s'adresse à des militants réunis à Rouyn-Noranda.

De son côté, par courriel, la Fonderie nous répond qu'elle « a bien pris acte de cette recommandation de la DSP et en fait actuellement l'analyse ».

L'entreprise a toutefois proposé, comme mesure intérimaire, de restaurer les terrains du quartier Notre-Dame qui ont été inclus dans l'étude de biosurveillance de 2018 et dont les concentrations d'arsenic dans le sol sont supérieures à 30 ppm.

Rappelons que l'arsenic est un cancérigène reconnu et que la dernière étude a démontré que la concentration d'arsenic chez les enfants du quartier est 3,7 fois plus élevée que celle d'autres enfants de la région.

Québec a été maintes fois interpelé à ce sujet et divers comités citoyens ont vu le jour. Cette nouvelle étude permettra de déterminer la nécessité ou non d'une étude visant la population de la ville entière.