Toujours impossible d'accoucher à La Sarre, mais des mesures d'atténuation

L'hôpital de La Sarre

Les femmes d'Abitibi-Ouest ne peuvent toujours pas accoucher à l'hôpital de La Sarre, mais des actions sont posées afin de rétablir le service le plus vite possible.

 

Plus de 350 personnes attendaient les dirigeants du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT) au Théâtre Desjardins de La Sarre, hier (mercredi), pour la deuxième rencontre de consultation. Plus d'une centaine d'autres étaient aussi connectés sur le web, et tous avaient de nombreuses questions et situations à dénoncer.

Plusieurs mesures ont été mises en place en l'espace d'une semaine, depuis la première rencontre, dans le but de pouvoir rouvrir le département le plus vite possible. Il est fermé depuis le 21 février.

Un deuxième poste d'infirmière a été affiché, puisqu'il en faudrait deux en tout temps, les futures mamans pourront avoir une allocation pour aller accoucher dans un autre hôpital, un guide pour les outiller en cas de rupture de service a été créé et le CISSS a obtenu l'autorisation de mettre en place une troisième ambulance sur le territoire. Certains détails restent à déterminer.

Toute la situation de pénurie d'infirmières spécialisées implique qu'il faut réorganiser les façons de faire, reconnaît le président-directeur général du CISSS-AT, Yves Desjardins.

« Quand il y avait beaucoup de monde sur le marché du travail qui pouvait venir travailler en soins infirmiers, on avait une latitude. On pouvait faire des postes à temps partiel, on pouvait organiser. Là, on ne peut plus faire ça. Hier, il y a une membre citoyenne qui nous a dit, assurez-vous que les infirmières font le bon travail. Il ne faut pas qu'elles lavent des planchers. Ça va nous demander de revisiter le rôle des gens qui travaillent sur le terrain, de regarder s'il y a d'autres types d'emploi qui peuvent venir aider. »

- Yves Desjardins, pdg du CISSS-AT

Un pas dans la bonne direction

Enceinte de plus de 35 semaines, Miranda Dessureault est membre du Comité de suivi. Elle s'est résignée à accoucher à Amos, comme pour son premier enfant, en raison de la rupture de services.

Le Comité s'est réuni à deux reprises depuis la dernière rencontre publique. La jeune maman estime que les échanges avec le CISSS vont de mieux en mieux et apprécie de pouvoir avoir des mises à jour des actions posées.

Même si la situation est encore loin d'être idéale, elle salue les efforts de l'organisation pour régler la situation de façon pérenne, de concert avec la population et souhaite que les relations et conditions de travail s'améliorent.

« C'est sur que le problème perdure depuis longtemps, mais en dedans d'une semaine, ils ont travaillé fort, que ce soit au niveau de l'affichage de poste avec les syndicats, ils ont quand même tenté d'aller voir le recrutement, au niveau du cégep et de l'université, pour peut-être mettre en place, par exemple, des stages obligatoires au centre hospitalier de La Sarre, ce qui est quand même bien. Peut-être qu'on va accrocher des gens ici. »

- Miranda Dessureault, femme enceinte et membre du comité de suivi

Pour Miranda Dessureault, la mobilisation envoie un message clair que la population veut conserver ses services de proximité.

Par ailleurs, selon ce qu'on peut lire dans un groupe public sur Facebook, plusieurs personnes ayant assisté à la rencontre ne sont pas d'accord avec les solutions proposées à court terme et aimeraient qu'elles soient renégociées. Elles craignent aussi que les citoyens membres du comité de suivi n'aient pas autant d'influence que le CISSS le laisse entendre.

En natalité, selon les données du CISSS-AT, il faut deux infirmières avec compétences en obstétrique par quart de travail. C'est donc un total de 84 quarts à combler par périodes de 14 jours. Actuellement, les infirmières disponibles ne couvrent que 67 quarts. Le CISSS a actuellement 8 infirmières en natalité, et il en faudrait 18 au total. Le recrutement se poursuit, et il sera possible d'ouvrir au moins le service d'évaluation des femmes enceintes une fois qu'une partie des 10 postes auront été comblés.

On ignore pour l'instant quand la natalité ouvrira de nouveau.

Trois scénarios à long terme sont toujours à l'étude, soit de conserver le service fusionné, le défusionner ou le jumeler avec l'équipe dédiée aux 0-5 ans.

Le Comité de suivi se rencontrera de nouveau dans deux semaines, puis la population aura une mise à jour dans un mois.