Un projet-pilote de forêt de proximité en Abitibi-Ouest

Entente MRCAO forêt de proximité

Québec signe une entente-cadre unique en province avec la MRC d'Abitibi-Ouest pour la mise en place d'un projet-pilote de forêt de proximité.

L'entente tripartite lie le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) et la MRC.

Elle vise à déléguer aux communautés locales le pouvoir de décider de la gestion et de la mise en valeur des ressources forestières publiques.

C'était une promesse électorale du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette.

« C'était demandé depuis plusieurs années. Les MRC souhaitaient avoir cette responsabilité-là, parce qu'elles ont un meilleur contrôle sur l'embauche des contractants. On peut dire qu'il va y avoir une préférence pour les contractants locaux. Essentiellement, on fait une meilleure planification de notre territoire. »

Luc Blanchette

La MRC pourra donc attribuer des contrats de récolte, de sylviculture, et de chemins forestiers, notamment.

Elle pourra aussi percevoir une partie des redevances forestières qui s'y rattachent.

Audrey Folliot, Bell Média. Tous les acteurs impliqués dans la mise en place du projet-pilote.

Le préfet de la MRC d'Abitibi-Ouest, Jaclin Bégin, s'en réjouit.

« C'est très intéressant pour la MRC, c'est que c'est nous qui allons planifier notre développement forestier, avec en plus des retombées économiques. On va être capable de faire les choses selon nos particularités, ça va être extraordinaire pour notre MRC. »

Le territoire de cette forêt de proximité est presque délimité, mais des consultations seront faites auprès des bénéficiaires des ressources forestières.

Un modèle exportable

Le projet-pilote de forêt de proximité doit durer 24 mois avant de devenir permanent.

Pendant cette période, il y aura une phase préparatoire, suivi d'une période de transition pour faciliter la mise en oeuvre de l'entente et le transfert des responsabilités et de l'expertise.

L'objectif est ensuite d'exporter le modèle ailleurs au Québec, indique le président de la FQM, Jacques Demers.

« Trop souvent dans le monde municipal, on parle de taxes foncières, on parle de taxer les gens. Si on peut aller chercher des revenus extérieurs, qui nous permettraient de diminuer l'impact sur nos citoyens, c'est ce qu'on rêve [de faire], chacune des municipalités au Québec. »

Jacques Demers

Audrey Folliot, Bell Média. Denis Lebel, ancien politicien, maintenant pdg du Conseil de l'industrie forestière du Québec.

Le président-directeur général du Conseil de l'industrie forestière du Québec, Denis Lebel, estime que c'est une meilleure pratique supplémentaire dans l'industrie, qui se porte assez bien.

« Le marché américain est très solide encore pour l'instant, mais c'est toujours fragile. Vous savez, ça prend juste une baisse majeure des mises en chantier aux États-Unis, et on va revenir aux années antérieures. Pour l'instant, ça va assez bien. On travaille mieux qu'on travaillait aussi collectivement et on vend de plus en plus la forêt comme étant une solution d'avenir pour les changements climatiques. »

Denis Lebel

Denis Lebel travaillait déjà sur le dossier quand il était maire de Roberval, au début des années 2000, au début de sa carrière politique.