Une gardienne met du ruban gommé sur la bouche des enfants

Palais de justice de Val-d'Or

Une femme de Val-d'Or connaîtra bientôt sa peine pour avoir mis du ruban gommé sur la bouche de deux enfants à sa garderie.

En 2018, Caroline Joseph avait une garderie en milieu familial, avec entre trois et cinq enfants.

En décembre cette année-là, la femme de 41 ans a placé un morceau de «tape» sur la bouche d'une petite fille de deux ans, parce «qu'elle était tannante, qu'elle criait et qu'elle détruisait les bricolages des autres.»

Sauf que la soeur de la victime a vu le geste, l'a dit à ses parents qui ont confronté l'ex-éducatrice.

Caroline Joseph a d'abord nié le geste, avant de l'avouer et de reconnaître un autre événement identique quelques mois plus tôt avec un autre enfant.

Les parents ont porté plainte à la police.

La Direction de la protection de la jeunesse a ensuite fermé la garderie.

Devant le tribunal, Caroline Joseph a plaidé coupable et s'est excusée deux fois aux parents.

Du même souffle, elle a cependant ajouté que la victime, la petite fille de deux ans, était turbulente et que si elle l'avait su, elle ne l'aurait pas prise dans sa garderie, huit jours plus tôt.

Les parents de la victime ont témoigné en cour, dans un récit parsemé de pleurs.

Ils ont parlé du comportement de la victime et de sa soeur, qui a changé du tout au tout après l'événement.  Les filles sont devenues agressives, craintives et anxieuses.

La victime a fait des terreurs nocturnes chaque nuit pendant un an et en a encore aujourd'hui.

Toute la famille a dû consulter des spécialistes de la santé, comme des psychologues, des psychoéducateurs et des pédiatres.

La famille a été privée d'un milieu de garde pendant un an, ce qui a engendré des pertes financières.

Caroline Joseph a aussi témoigné.  L'ex-éducatrice a dit devant le juge qu'à l'époque des crimes, elle était stressée, désemparée et en attente d'un diagnostic de santé, qui s'est avéré être de l'épilepsie.

L'avocate de la Couronne, Me Léonie Caron, a longuement questionné Caroline Joseph sur ses techniques de garde et le fait qu'elle ait menti à propos de deux événements distincts, avant même de demander de l'aide extérieure.

L'avocate a rappelé que c'est Caroline Joseph qui était l'adulte, formée pour ce genre de situation et que les parents avaient placé toute leur confiance en elle.

Le juge Christian Leblanc prononcera la sentence en février.  La Couronne demande de 4 à 6 mois de prison ferme et une probation de deux ans, alors que la Défense suggère plutôt une absolution conditionnelle.

La gardienne a depuis réorienté sa carrière, dans une autre ville.

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