ALUMINIUM: Ottawa répliquera aux nouveaux tarifs imposés par Trump

Aluminium

Ottawa promet de répliquer rapidement aux États-Unis en imposant des contre-tarifs douaniers allant jusqu'à 3,6 milliards de dollars.

 

Ils entreraient en vigueur au plus tôt dans 30 jours, le temps de mener des consultations avec l'industrie. Le gouvernement Trudeau souhaite dresser une liste des produits américains contenant de l'aluminium.

Rappelons qu'hier, le président Donald Trump a annoncé de nouveaux tarifs douaniers de 10% sur l'aluminium canadien exporté aux États-Unis à compter du 16 août. C'est la deuxième fois en deux ans qu'il adopte une mesure semblable.

La vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, a qualifié cette décision « d'inutile, d'injustifiée et d'inacceptable » et indiqué qu'ils devraient être levés. Elle a ajouté que le pays défendra toujours l'industrie, qui génère des dizaines de milliers d'emplois directs. Mme Freeland a promis une réponse rapide et forte, sans toutefois intensifier la guerre commerciale.

« Pour chaque dollar imposé par les États-Unis sur les importations canadiennes, nous imposerons en retour une taxe équivalente. Nous n'allons pas aggraver la situation, mais nous n'allons pas reculer non plus. »

- Chrystia Freeland, vice-première ministre

Elle a indiqué que l'aluminium canadien ne présentait aucune menace à la sécurité nationale américaine et estime que les Américains seront les premiers à souffrir de ces tarifs.

Il semble que le président américain tente de gagner des points, alors qu'il est en retard dans les sondages en vue de l'élection présidentielle de novembre. Questionnée à ce sujet, Chrystia Freeland n'a pas voulu s'avancer.

Le Québec s'est également dit déçu de la décision du président Trump, alors que l'industrie de l'aluminium en province soutient près de 30 000 emplois bien rémunérés. Neuf alumineries sur 10 au Canada sont au Québec et appartiennent à trois grands groupes, soit Alcoa, Alouette et Rio Tinto.

« Le Québec et le Canada sont des fournisseurs fiables d'aluminium pour les secteurs de la défense et de la sécurité des États-Unis, et l'intégration des industries canadiennes et américaines de l'aluminium renforce la compétitivité manufacturière nord-américaine. Par conséquent, l'imposition de cette restriction sur l'aluminium canadien aura de graves conséquences tant au Canada qu'aux États-Unis. »

- Pierre Fitzgibbon, ministre de l'Économie et de l'Innovation

72% des exportations canadiennes d'aluminium proviennent du Québec, selon Statistiques Canada.

Réactions au Saguenay-Lac-Saint-Jean

Cette décision provoque évidemment de vives réactions au Saguenay-Lac-Saint-Jean, où l'industrie de l'aluminium est bien présente. Les deux députés du Bloc Québécois dans la région, Alexis Brunelle-Duceppe et Mario Simard, ont demandé à Ottawa d'imposer immédiatement des contre-tarifs douaniers. Ce sera finalement fait d'ici 30 jours.

Le député bloquiste du Lac-Saint-Jean, Alexis Brunelle-Duceppe, espère tout de même que ces contres-tarifs serviront à l'industrie.

« Avec cet argent-là qui va être récolté avec les contre-tarifs, il faut absolument que le gouvernement, une fois qu'il aura cet argent-là dans les poches, le redistribue dans le secteur de l'aluminium. »

- Alexis Brunelle-Duceppe

Son opinion trouve écho du côté du Syndicat des Métallos, qui représente plusieurs milliers de travailleurs de l'industrie. Les Métallos invitent également les fabricants d’aluminium canadiens à un examen de conscience.

« Invoquer la sécurité nationale pour taxer l’aluminium canadien, c’est clairement un abus de langage. On reconnaît toutefois que nos employeurs ont augmenté récemment les  exportations vers les États-Unis pour certains produits bruts, alors qu’elles diminuaient pour d’autres produits à valeur ajoutée. Nos employeurs ont joué avec le feu, ils se brûlent maintenant. C’est déplorable qu’aujourd’hui, les travailleurs risquent d’en payer le prix »

- Sylvain Maltais,  président de la section locale 9490 du Syndicat des Métallos, qui représente les 650 syndiqués de l’usine Alma de Rio Tinto

De son côté, le député conservateur de Chicoutimi-Le Fjord Richard Martel rappelle qu'il avait demandé au gouvernement de Justin Trudeau d'anticiper cette mesure en juin dernier.

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