Des urgences qui débordent et des chirurgies reportées

Hôpital de Chicoutimi, Urgence

Les urgences dans les hôpitaux régionaux débordent à un tel point que la direction du CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean demande à la population d'éviter de s'y présenter dans la mesure du possible.

La situation est particulièrement critique dans les établissements de Chicoutimi, de Jonquière et de Roberval. Selon le relevé horaire du ministère de la Santé, à 14h mercredi, 53 patients se trouvaient sur une civière à Chicoutimi, alors qu'on y compte 41 civières fonctionnelles. À Roberval, on y compte 13 civières fonctionnelles et seulement une d'entre elles n'était pas occupée.

Le CIUSSS conseille d'abord de téléphoner à votre médecin de famille ou de faire appel au sans rendez-vous dans les cliniques médicales.

Des chirurgies reportées à Chicoutimi

Vendredi dernier, au moins cinq chirurgies prévues au bloc opératoire de l'hôpital de Chicoutimi ont été reportées à une date ultérieure en raison de la crise qui sévit au département des soins intensifs.

La direction nous a expliqué lors d'un échange de courriels avoir pris cette décision puisque les deux départements sont intimement liés et qu'elle envisageait un weekend difficile aux soins intensifs.

« Il faut savoir que des départements comme ceux des soins intensifs, du bloc opératoire ou encore des urgences, sont intimement liés et que l'état de l'offre de services d'un département peut avoir des impacts sur d'autres départements, en fonction de la modulation des besoins. Par exemple, lorsqu'on procède à une chirurgie plus délicate, il faut appréhender la possibilité de complications et d'hospitalisations aux soins intensifs. » - extrait du courriel

Par ailleurs, face au manque criant d'infirmières, le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean met en place une stratégie qui soulève des inquiétudes chez le personnel. Ce plan se divise en une dizaine de points, dont celui de «Développer la résilience des individus et les stratégies de tolérance au stress».

Le principe de justice distributive sera appliqué, rapporte Le Quotidien, ce qui signifie que le CIUSSS devra répartir équitablement les infirmières selon les soins essentiels dans tous ses établissements. Des réorganisations temporaires d'une durée variant d'un à six mois sont aussi prévues.

Les gestionnaires devront déterminer combien d'infirmières sont nécessaires dans chaque département pour assurer des services sécuritaires.

Entente avec la FIQ

Cette crise se joue au moment où la FIQ s'entend avec le gouvernement pour les trois prochaines années. La présidente régionale, Julie Bouchard, estime que l'entente globale conclue mardi soir est la plus importante depuis les 15 dernières années. 

« On s'attaque à la surcharge de travail, au temps supplémentaire obligatoire et à la stabilité des équipes de travail. Ce n'est pas parfait, mais il ne faut pas oublier que c'est une convention collective d'une durée de trois ans. » - Julie Bouchard, présidente régionale de la FIQ

Son contenu sera présenté aux membres en juillet, puis un vote se déroulera au mois d'août. La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec représente 3 300 infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes dans la région et 76 000 en province.

Avec la collaboration de Carolyne Labrie.

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