GNL perd un important investisseur, compromettant le projet

Pipeline ISTOCK KODDA

Le projet de gazoduc GNL Québec serait compromis. Énergie Saguenay a perdu un investisseur de premier plan. Le fonds Berkshire Hathaway, propriété du milliardaire Warren Buffet, s'est retiré en raison des blocus ferroviaires au Canada.

Il devait contribuer pour 4 milliards $ au projet d'usine de liquéfaction de gaz naturel. La direction d'Énergie Saguenay a avisé les deux paliers de gouvernement la semaine dernière que leur fournisseur s'était désisté.

Énergie Saguenay maintient que le projet n'est pas compromis et que la décision d'aller de l'avant ou non sera prise en 2021. La directrice des communications pour GNL Québec, Stéphanie Fortin. : 

« Cet investisseur-là n'était pas encore avec nous. Les investisseurs qui sont avec nous depuis le début sont toujours là. Il faut aussi rappeler que la décision finale d'investissement est prévue à la fin de 2021 et donc qu'il y a encore des rondes de financement à compléter devant nous. »

Impossible pour l'instant de savoir si d'autres investisseurs pourraient prendre une décision semblable en raison du climat politique canadien. Aucun congédiement des travailleurs affectés au projet n'est prévu pour l'instant.

Réactions politiques

La ministre Andrée Laforest dit avoir obtenu les confirmations que GNL est toujours intéressé à s'implanter dans la région notamment en raison du climat froid.

Elle est convaincue que de nouveaux investisseurs viendront dès les résultats du BAPE.

« Quand le BAPE va avoir donné ses bons résultats, je suis très confiante que les résultats vont être positifs. Je pense que l'acceptabilité va être encore plus forte et les investisseurs vont se pointer encore plus rapidement. »

Le député du PQ en matière d’environnement et de lutte contre les changements climatiques, Sylvain Gaudreault, croit plutôt que la confiance envers les énergies fossiles s'effrite.

« On a vu récemment les grands investisseurs à travers le monde et même la Caisse de dépôt et placement au Québec annoncer qu'ils se retirent des investissements en énergie fossile. »

Première rencontre du BAPE

Environ 80 personnes ont participé à une rencontre préparatoire de la Commission d’enquête du BAPE sur le projet de GNL Québec hier soir à Chicoutimi. Le président de la commission, Denis Bergeron, a dû défendre son intégrité dès le début de la rencontre.

Il a travaillé pendant 16 ans comme consultant pour l'Association canadienne de l'industrie de la chimie, organisation qui compte plusieurs membres qui oeuvrent dans la production de gaz naturel. Denis Bergeron a rappelé qu'il a été assermenté pour assurer son indépendance.  

« Nous avons signé des déclarations éthiques qui assurent notre indépendance face au projet et à l'ensemble des éléments qui pourraient être apportés. Je crois qu'on est capable de faire le travail. » 

Les audiences publiques doivent débuter le 16 mars prochain.

 

Avec la collaboration de Carolyne Labrie et Sabrina Malaison.