GNL Québec : des spécialistes en tournée dans la région

Bernard Saulnier, Geneviève Paul, Anne-Sara Briand et Marc Brullemans

Des spécialistes en matière d'économie, d'environnement et de santé sont à Saguenay pour répondre aux questions des citoyens à propos du projet de GNL et Gazoduq. Ils ont entrepris une tournée lundi, suivant le tracé projeté par l'oléoduc de Rouyn-Noranda à Chicoutimi.

À l'argument de l'entreprise que l'exportation de gaz naturel permettra à certains pays de délaisser le charbon, le biophysicien spécialiste des liens énergie-climat, Marc Brullemans explique que tout le procédé d'extraction et de transformation du gaz émet autant de CO2 que le charbon et qu'il demeure une énergie fossile.

 

« Des études récentes montrent que le taux de fuite globale de la filière, on parle des fuites le long des canalisations, dans les puits, dans les stations de compressions. Donc, le taux de fuite globale de la filière se situe entre 3 et 4 %. Un taux trop important pour prétendre que le gaz naturel émet moins que le charbon. Le projet n'a donc pas de raison d'être. » - Marc Brullemans, biophysicien spécialiste des liens énergie-climat

 

L'ingénieur spécialiste des questions énergétiques, Bernard Saulnier soulève pour sa part que le projet d'une durée de vie de 25 ans laissera assurément des traces nocives à la région. Celui qui a été chercheur à l'Institut de Recherche d'Hydro-Québec décrit ce projet comme une « anomalie commerciale » qui ne répond à aucune politique responsable québécoise.

 

« C'est évident que lorsqu'on investit 4.5 milliards de dollars dans une région, il va y avoir une création d'emplois. Mais dans ce cas-ci c'est à quel prix ? Est-ce que ce n'est pas un peu une promesse de l'Eldorado que nous vivons et que malheureusement, les lendemains seront difficiles ? » - Bernard Saulnier, ingénieur 

 

La médecin résidente et membre de l'Association canadienne des médecins pour l'environnement, Anne-Sara Briand se pose également plusieurs questions entourant les effets à long terme de l'exploitation du gaz naturel sur les travailleurs ainsi que la population locale.

Pour sa part, la juriste Geneviève Paul est surtout déçue des élus qui se prononcent en faveur du projet sans attendre la fin des études environnementales.

Le sujet vous intéresse ? Les experts seront à 19h ce soir (jeudi) au Cégep de Jonquière et demain (vendredi) 18h à la Tour à bières de Chicoutimi.