Le survivant de l'affaissement de la route à Alma déçu de sa Ville


La route Ulysse est inaccessible aux automobilistes depuis son affaissement. (Marc-Antoine Mailloux | Noovo Info)

« Je suis déçu de ma Ville. » Rock-André Caron laisse tomber cette phrase d'entrée de jeu. Moins d'une semaine après l'affaissement de la route Ulysse ayant causé la mort d'un sexagénaire à Alma, celui qui a survécu à cet accident exprime sa déception et sa colère contre la Ville.

Encore ébranlé par les événements, Rock-André Caron aurait aimé que la mairesse d'Alma, Sylvie Beaumont, le contacte comme l'a fait le maire de Saint-Henri-de-Taillon, Laval Fortin, à peine 30 minutes après l'accident.

« J'aurais espéré plus. Juste venir me voir, me dire : "M. Caron, on ne sait pas ce qui s'est passé. On a fait réparer [le ponceau], on s'excuse. On va vous donner du support. On va vous accompagner là-dedans, on va vous aider". J'ai rien de ça. »

La colère du survivant est alimenté par les aveux de la Ville d'Alma au conseil municipal de mardi qui a admis qu'une erreur commise dans les travaux de remplacement d'une conduite a pu contribuer à la rupture du ponceau.

« On est des êtres humains. On vous a élus, mais vous prenez un événement qui aurait pu être évité et vous le tassez du revers de la main. » - Rock-André Caron

La route Ulysse s'est affaissée la semaine dernière sous la pluie abondante qui tombait. Crédit : Yohann Gasse

Des événements éprouvants

Rock-André Caron a passé plusieurs examens au cours des six derniers jours. Des contusions, dont des douleurs à un poignet et à un genou, ont demandé un suivi médical. Psychologiquement, les événements demeurent frais et repassent en boucle dans sa tête.

Au volant de sa camionnette, les essuie-glaces balayant la pluie qui tombe abondamment du ciel toujours noir, l'Almatois n'a pu éviter le trou laissé par l'affaissement d'un ponceau sur la route Ulysse mercredi dernier. 

La rupture de la route n'était visible qu'une fois après avoir atteint l'autre versant de la butte que Rock-André Caron venait de monter. Tout juste avant, la camionnette de Jean Dufour amorçait la même chute et se faisait elle aussi emporter par le courant.

Retrouvant ses esprits après le choc, Rock-André Caron a aperçu l'eau qui montait, déjà rendue à près de la moitié des fenêtres de son véhicule.

« C'est là que j'ai compris qu'il fallait que je sorte. »

Réussissant à ouvrir une fenêtre arrière, le survivant a grimpé dans la boîte de sa camionnette.

« J'ai vu le véhicule de M. Dufour et il m'a demandé si j'allais bien. Je présume qu'il était dans son véhicule, parce que sa fenêtre était un peu ouverte, et la voix semblait venir de là, mais je ne peux pas le confirmer parce qu'il faisait encore noir. »

A suivi une seconde vague qui a renversé le véhicule de Rock-André Caron sur le côté. L'homme a alors nagé de toutes ses forces sur une distance de sept à huit mètres pour regagner la rive.

« Le courant était extrêmement fort. C'était incroyable. »

Une fois sur la rive, incapable de se rendre au véhicule de M. Dufour emporté par le courant, l'Almatois a traversé un boisé et un champ pour appeler les secours et éviter qu'un autre véhicule ne tombe dans le trou laissé par l'affaissement de la route.

Plusieurs heures plus tard, les policiers retrouvaient le corps inanimé de Jean Dufour à plusieurs mètres de sa camionnette.

Secoué par cette tragédie, Rock-André Caron compte entreprendre des procédures judiciaires contre la Ville d'Alma.

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