Pénurie d'enseignants: Un chiro en charge d'une classe au Lac-Saint-Jean

classe 2

La province fait face à une pénurie d'enseignants et le Saguenay-Lac-Saint-Jean n'y fait pas exception. Le Centre de services scolaire du Pays-des-Bleuets manque tellement de suppléants que des personnes non qualifiées enseignent dans les classes.

Les besoins sont si flagrants que même un chiropraticien s'est récemment retrouvé à faire un remplacement, nous a confié France Lapierre, présidente du Syndicat de l'enseignement Louis-Hémon. Elle ne cache pas que cette situation crée un malaise chez les enseignants qui hésitent à prendre congé.

«On fait 4 ans d'université, puis du jour au lendemain, quelqu'un qui ne passe pas par le même chemin que nous peut faire le même travail. C'est du travail supplémentaire aussi pour les collègues qui doivent souvent les aider parce que ce n'est pas évident de prendre une classe en charge, ce n'est pas donné à tout le monde.»

France Lapierre précise que les besoins sont plus importants en anglais et en musique. Elle croit que la profession n'est plus aussi attirante qu'avant.

«Les gens qui s'inscrivent au BAC en enseignement vont travailler probablement tout de suite en sortant de l'université, chose qui n'arrivait pas il y a quelques années.»

Ailleurs en région, sans avoir recours à des enseignants non légalement qualifiés, les représentantes syndicales nous disent que pour certaines matières, c'est difficile de trouver des enseignants.

À Jonquière, Nicole Émond remarque qu'il manque de personnel pour les sciences, les mathématiques et les arts. Aux Rives-du-Saguenay, les besoins se font notamment sentir en anglais, français et mathématique. Pascale Juneau, présidente du Syndicat pour Lac-Saint-Jean Est, explique que la situation est plus problématique au secondaire.

Des enseignants engagés avec un DES

L'Outaouais fait partie des régions les plus touchées par la pénurie de personnel, si bien que certains centres de services scolaires embauchent des personnes qui n'ont qu'un diplôme d'études secondaires. Cette pratique est légale, même si elle n'est pas souhaitable.

Une offre d'emploi du Centre de services scolaire de Portneuf a aussi fait vivement réagir le milieu de l'enseignement le mois dernier. Le centre était à la recherche de suppléants occasionnels avec comme seul critère un diplôme d'études secondaires. L'offre a été retirée des réseaux sociaux depuis.

Rappelons que Québec a lancé un appel aux enseignants retraités il y a quelques semaines pour combler les besoins. Le ministère de l'Éducation espère en rapatrier 800 d'ici l'année prochaine.

Inscrivez-vous

Offres exclusives et promotions!