Rapport du coroner sur le décès de six motoneigistes au Lac-Saint-Jean

Les recherches pour retrouver les motoneigistes disparus au Lac Saint-Jean se poursuivent.

Le guide de motoneige Benoît Lespérance, qui accompagnait les huit touristes français en janvier 2020 sur le lac Saint-Jean a voulu prendre un raccourci lorsqu'ils se sont retrouvés tour à tour à l'eau et que six d'entre eux sont morts. La coroner Me Jessica Tremblay évoque plusieurs recommandations dont une signalisation inadéquate.

Son enquête dévoile qu'au cours de l'après-midi, le guide a consulté une application sur son téléphone à quelques reprises pour diriger le groupe puisqu'il n'était pas totalement familier avec le secteur. Il semblait chercher son chemin et s'est entretenu avec quelques personnes en cours de route.

Il a finalement mené le groupe dans un secteur non balisé pour prendre un raccourci. Me Tremblay souligne que le chemin qu'ils ont emprunté est utilisé par les motoneigistes locaux et qu'il y avait des traces au sol qui ont pu créer un faux sentiment de sécurité. La glace étant fragile dans le secteur, elle a fini par céder sous le poids du groupe.

« La sortie du sentier balisé n'est pas le résultat d'une erreur, mais bien d'une décision du guide. Les conditions météorologiques ne sont pas en cause dans l'accident, pas plus que la vitesse ou la condition des motoneiges. Il ne fait nul doute que le secteur était à risque. » - Me Jessica Tremblay

Rapport du coroner, décès motoneigistes au Lac-Saint-Jean

Endroit où les motoneigistes ont quitté le sentier balisé. Extrait du rapport du coroner

Une meilleure signalisation

Plusieurs recommandations concluent le rapport de Me Tremblay, dont celle d'améliorer la signalisation dans le secteur afin d'éviter toute ambiguïté. Il faudrait également des panneaux de signalisation sur les plans d'eau pour avertir des dangers.

La coroner recommande aussi d'équiper les guides et touristes de moyens de communication pour intervenir rapidement lors d'accident, comme des balises de détresse, radio émetteur ou un GPS.

Elle recommande également de poursuivre la sensibilisation quant au risque de noyade en motoneige.

Hélicoptère de la Sûreté du Québec qui participe aux recherches. Courtoisie

Excursion fatale

Le soir du 21 janvier, l'expédition de huit motoneigistes français et leur guide québécois a tourné au drame lorsqu'ils se sont retrouvés à l'eau. Seulement trois d'entre eux ont survécu et ont réussi à rejoindre la terre ferme à Saint-Henri-de-Taillon. Ce sont eux qui ont averti une commis de dépanneur d'appeler les secours.

Ils ont alors raconté qu'ils étaient à la queue du groupe. L'un d'entre eux s'est retrouvé à l'eau et ses deux amis l'ont aidé à s'extirper. Le guide, qui était devant eux avec l'autre partie du groupe, est revenu s'assurer qu'ils allaient bien. Il leur a ensuite dit de l'attendre, le temps qu'il aille chercher les cinq autres motoneigistes, mais il n'est jamais revenu. Une version corroborée par la coroner.

Dix jours après le drame, les 7 motoneiges ont été extirpées des eaux du lac Saint-Jean. Courtoisie

Changements dans la loi

Quelques jours après la tragédie, le gouvernement Legault annonçait par la voix de sa ministre du Tourisme, Caroline Proulx, que des actions seraient posées rapidement pour éviter que ce genre d'événement ne survienne une autre fois.

La nouvelle mouture de la Loi sur les véhicules hors route est finalement entrée en vigueur le 30 décembre 2020.

Il est dorénavant obligatoire de suivre une formation lors de la location d'une motoneige ou tout autre véhicule hors route et les guides doivent obligatoirement obtenir une certification reconnue par Québec pour travailler. Notons que le guide impliqué dans la tragédie était certifié.

 Victimes
  • Benoît L’Espérance
  • Gilles Claude
  • Julien Benoît
  • Yann Thierry
  • Arnaud Antoine
  • Jean-René Dumoulin

 

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