Réforme de l'immigration: des cégeps inquiets

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Les cégeps de la région sont inquiets face à la réforme de l'immigration du gouvernement Legault. Au Cégep de Saint-Félicien, les étudiants internationaux représentent 25 % de la clientèle.

La directrice générale, Sylvie Prescott, explique que la majorité de leurs programmes sont exclus du Programme de l'expérience québécoise (PEQ) qui permet d'accéder à la résidence permanente.

«Ce sont des programmes en rareté de main-d'oeuvre. Par exemple, en Techologie de la transformation des produits forestiers, dès leur arrivée, ces étudiants travaillent tout au long de leurs études pour répondre aux besoins de main-d'oeuvre. Ils sont déjà tous placés».

Le directeur des communications du Cégep de Chicoutimi, Éric Emond, souligne quant à lui que trois de leurs programmes sont exclus du PEQ.

«Nos spécialistes qui travaillent au niveau du placement des étudiants nous disent que les perspectives sont très fortes. Les étudiants qui finissent avec un diplôme se trouvent un emploi, donc on comprend mal pourquoi ils ne figurent pas dans la liste».

 

À Jonquière, le directeur des études, Mario Julien, questionne aussi cette réforme. Selon lui, des étudiants qui viennent en région pour suivre une formation deviennent d'excellents candidats à l'immigration. La réforme a comme résultat dans son collège que 8 programmes sur 27 seront maintenant fermés pour les étudiants étrangers.

 

Soulagement pour les étudiants établis

Les étudiants étrangers qui sont établis dans la région poussent tout de même un soupir de soulagement.  Ils auront un droit acquis dans le Programme de l'expérience québécoise. C'est que le gouvernement Legault a en partie reculé sur sa réforme qui a causé un stress énorme à de nombreux étudiants de l'UQAC, dont Ysé Raoux dans les derniers jours.

L'étudiante à la maîtrise en arts à l'Université du Québec à Chicoutimi depuis 2017, s'est sentie trahie par le gouvernement et le sentiment prendra du temps à disparaître. : 


« Je trouve toujours que les Québécois sont vraiment accueillants et c'est pour ça que je voulais m'installer ici, mais en même temps le gouvernement a brisé la confiance que j'avais en lui. »

Si elle voulait s'inscrire aujourd'hui à l'UQAC, elle ne pourrait pas puisque son domaine d'étude ne fait plus partie de la liste du gouvernement. Elle veut donc s'impliquer pour le faire changer d'idée. Le gouvernement ciblera dorénavant les domaines où il y a une pénurie de main-d'oeuvre.