Survie des bélugas : le port méthanier est trop risqué selon le GREMM

Bélugas

Le directeur scientifique du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins, Robert Michaud, se positionne pour une première fois contre le projet de port méthanier dans le Saguenay qui augmentera le trafic et le bruit dans l'habitat des mille bélugas du Saguenay et du Saint-Laurent.

La colonie s'installe pendant une période de l'année dans le Saguenay qui est alors transformé en pouponnière. C'est ce qui inquiète les chercheurs puisque sans ce refuge acoustique, il risque d'y avoir encore moins de naissances. Depuis 2012, chaque année, des carcasses de nouveau-nés et de femelles enceintes sont retrouvées. Depuis 1980, on compte en moyenne mille individus de béluga ; or un groupe en santé devrait avoir doublé depuis 30 ans, selon les scientifiques.

Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux mardi, Robert Michaud demande d'être patient et d'attendre les résultats des études en cours avant de prendre des décisions hâtives pour les grands projets industriels comme GNL Québec.

 

« Les gouvernements provincial et fédéral investissent des millions de dollars pour tenter de mieux comprendre les effets du bruit sur les bélugas du St-laurent et identifier les meilleures façons d'atténuer ces effets. Les résultats de ces travaux ne seront pas encore disponibles, mais ils le seront bientôt. Il est beaucoup trop risqué de nous engager dans le développement d'un port méthanier dans le Saguenay avant que collectivement on ait gagné la certitude que ces développements n'auront pas un impact irréparable sur les bélugas. »

 

 

 

Au même moment, Québec a annoncé la mise en place d'un comité scientifique qui se penchera sur l'utilisation du Saguenay comme voie navigable. La ministre déléguée aux Transports, Chantal Rouleau, précise qu'il est possible de concilier développement économique et écologique. La Coalition Fjord craint que le mandat du comité soit biaisé et qu'il accepte sans broncher le projet de GNL Québec.