Zoo de Falardeau: D'ex-employés racontent des histoires d'horreur

zoo Falardeau

Une dizaine d'ex-employés du Zoo de Falardeau accusent le propriétaire de cruauté envers les animaux. Des plaintes ont été déposées à la Sûreté du Québec et des signalements ont été faits à la Protection de la faune au cours des dernières semaines. 

Plusieurs animaux seraient morts gelés dont un cacatoès, un dromadaire, une chèvre. Par exemple, une ex-employée affirme qu'ils ont dit au propriétaire à plusieurs reprises qu'une chèvre qui se trouvait dans la petite ferme extérieure allait bientôt mettre bas. Or, rien n'a été fait et le bébé chèvre aurait été retrouvé mort gelé le lendemain. 

D'autres animaux du zoo seraient décédés par manque de soins. Une ex-employée raconte au Quotidien qu'un léopard d’Afrique aurait été blessé accidentellement par un lémure qui s'était enfui de son enclos. C'est une jeune employée, supervisée par le propriétaire, qui aurait recousu la patte blessée. Plus tard, alors que le même léopard souffrait de constipation, la vétérinaire l'a opéré sur place mais lorsque l'effet des drogues s'est estompé, l'animal aurait eu des convulsions et aurait paralysé du bassin. Six semaines plus tard, le léopard a été tué par balle.

Deux ex-travailleuses du zoo nous ont parlé aujourd'hui. L'une nous raconte le cas d'un cacatoès mort gelé et l'autre celui de bébés léopards mal en point:

«Cet oiseau-là normalement était plus à l'intérieur. Il était souvent à l'accueil. C'est un oiseau qui est quand même assez bruyant, quand il n'a pas d'attention, il va crier et être dérangeant. Donc cet oiseau-là a été mis dans la grange en plein hiver. On était plusieurs employés à aller s'en occuper et on savait que ça avait pas de bon sens et un matin on est arrivé et il était mort dans sa cage.» -Employée 1

«Les petits bébés léopards qui sont tombés paralysés des pattes arrières qui n'ont jamais vu le vétérinaire. Ils ont reçu des médicaments mais rien de formel.» -Employée 2

 

Les ex-employés racontent aussi que des gens sans formation auraient effectué des interventions médicales et même chirurgicales par exemple, un ours aurait été castré et un renard amputé. Le propriétaire réfute ces informations. 

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Les ex-travailleurs du zoo disent aussi qu'ils étaient appelés à mentir aux visiteurs qui demandaient des nouvelles des animaux qui n'étaient plus là. Alors que ces animaux étaient morts ils devaient plutôt raconter qu'ils avaient été vendus à un autre zoo. 

 

Une pouponnière surnommée cimetière

Finalement, les ex-employés appelaient la pouponnière le cimetière confirmant que les bébés vivent un grand stress lorsqu'ils côtoient des humains. Alors qu'il n'y avait pas d'animaux à toucher dans la pouponnière, une ex-employée raconte que le propriétaire lui aurait demandé d'aller chercher le bébé kangourou directement dans la poche de sa mère. Une autre dit que le lynx devenait impatient à force de se faire flatter. Elle aurait donc proposé aux dirigeants du zoo de le sortir seulement une fois en matinée et une fois en après-midi. Cette suggestion aurait été rejetée et l'après-midi même, l'animal aurait mordu un visiteur.

 

Le propriétaire nie tout

Les ex-employées interrogées ont toutes témoigné sous le couvert de l'anonymat. De son côté, le propriétaire Daniel Gagnon nie tout. En entrevue au Quotidien, il qualifie la sortie des ex-employées de malveillante ajoutant qu'elles veulent briser la réputation du zoo selon lui. Il croit que cette sortie publique d'ex-employés pourrait sonner la fin pour son entreprise. Nous avons tenté de joindre le propriétaire pour obtenir ses commentaires mais sans succès. Les ex-employées à qui nous avons parlé disent qu'elles ne souhaitent pas la fermeture du zoo mais veulent que leur condition de vie s'améliore.

 

La journaliste du Quotidien qui a interrogée les ex-employées au cours des dernières semaines, Laura Lévesque a accordé une entrevue à nos collègues de Radio Énergie ce matin. Vous pouvez l'écouter ici.