Arsenic: les médecins de l'Abitibi-Témiscamingue en ont assez

Fonderie Horne (Noovo Info)

Des médecins de la région demandent au gouvernement Legault de s'impliquer dans le dossier de la Fonderie Horne, dans une lettre envoyée au premier ministre du Québec, dimanche.

Les rejets d'arsenic dans l'air sont plus denses que ce qui est permis et, même si la Fonderie s'en va dans le bon sens, les experts pensent qu'il faut dès maintenant un geste significatif.

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Les médecins de la région indiquent que le gouvernement est parfaitement au courant que l'arsenic est cancérigène et que cette substance est presque 30 fois plus présente dans l'air rouynorandien que la norme acceptée par Québec. Les cas de cancer du poumon sont aussi plus nombreux à Rouyn-Noranda qu'ailleurs en province, en plus des maladies pulmonaires plus fréquentes et d'une espérance de vie réduite.

Dans la lettre adressée à François Legault, une cinquantaine de médecins co-signataires exigent des émissions dans l'air de même niveau que l'ensemble du Québec, tant pour l'arsenic que les autres métaux lourds.

«Je suis très satisfaite de voir les voix se multiplier sur le terrain. Le gouvernement de la CAQ est de plus en plus isolé sur cette question. C'est fascinant de voir comment ce gouvernement nie les crises les unes après les autres. Il nie la crise climatique. Il nie la crise du logement. Il nie la crise de main-d'oeuvre dans notre réseau de santé en Abitibi-Témiscamingue. On ne peut que conclure qu'il nie qu'il y a une crise de l'arsenic en ce moment à Rouyn-Noranda.», indique Émilise Lessard-Therrien, députée solidaire de Rouyn-Noranda-Témiscamingue.

Le directeur de la santé publique Luc Boileau doit se rendre en Abitibi-Témiscamingue au courant de la semaine, question de faire le point sur la situation de la «santé environnementale dans la région». 

Radio-Canada rapportait précédemment que le Dr Horacio Arruda aurait retiré en 2019 une partie d'un document concernant les données sur le cancer dans la ville de Rouyn-Noranda. Ce dernier occupait alors le poste de directeur de la santé publique. Ledit document démontrerait que les cas de cancer du poumon sont plus fréquents à Rouyn-Noranda qu’ailleurs en province.

Le 22 juin dernier, le Dr Arruda défendait le retrait de ces informations et affirmait qu'il n'avait jamais eu «l'intention de cacher quoi que ce soit à la population de Rouyn-Noranda.» 

Ce n'est que de la poudre aux yeux, dénonce Émilise Lessard-Therrien.

«Le gouvernement du Québec doit regagner la confiance de la population de Rouyn-Noranda. La stratégie utilisée est d'envoyer un bouc émissaire pour tenter de calmer le jeu. Les solutions pour améliorer la qualité de l'air à Rouyn-Noranda ne relèvent pas du docteur Boileau. C'est une erreur grossière. À la mi-juin, Benoit Charette, ministre de l'Environnement, nous a dit qu'il se déplacerait à Rouyn-Noranda dans les prochaines semaines. On n'a toujours aucune indication sur sa venue. La CAQ s'achète du temps.», conclut la députée solidaire.

Réactions 

L'Association québécoise des médecins pour l'environnement (AQME) a donné son appui à la demande du Collège des médecins, lundi, par la voix de sa présidente:

«Au nom de l'⁦AQME⁩, je ne peux qu'exprimer notre appui à cette démarche, et ces demandes. Tous les citoyens ont droit de vivre dans un environnement sain. Les inégalités environnementales qui nuisent à la santé ne sont pas acceptables», a indiqué Claudel Pétrin-Desrosiers sur Twitter.

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