La baisse du prix de l'essence est temporaire, selon des experts

Les prix dans la région du Grand-Toronto et d’Ottawa ont chuté de 11 cents le litre, vendredi, et ont également baissé de six sous samedi, passant en moyenne à 187,9 cents le litre. (Michelle Siu | La Presse canadienne)

Les prix de l’essence ont chuté dans certaines provinces lors du long weekend de la Fête du Canada, mais les réjouissances seraient de courtes durées, estiment des experts. 

Ce texte est une traduction d'un article de CTV News.

Selon GasWizard.ca, les prix dans la région du Grand-Toronto et d’Ottawa ont chuté de 11 cents le litre, vendredi, et ont également baissé de six sous samedi, passant en moyenne à 187,9 cents le litre.

Les prix à Montréal ont également noté une baisse de six cents samedi après avoir connu une chute de quatre cents, vendredi. En Colombie-Britannique, Vancouver a noté une chute du prix de l’essence de sept cents vendredi et samedi. Winnipeg et Halifax ont vu une baisse de trois cents lors de la Fête du Canada, alors que les prix dans ces provinces sont demeurés stables, samedi.

Ces chutes de prix surviennent en raison de la baisse du prix du pétrole en juin, après la Réserve fédérale américaine ait augmenté les taux d’intérêt, craignant une récession.

«La panique des marchés, je crois, est la meilleure chose pour décrire le phénomène. Des inquiétudes de récession et de baisse de la demande», a expliqué le fondateur de GasWizard et président de Canadians for Affordable Energy, Dan McTeague, à CTVNews.ca lors d’un entretien téléphonique, samedi.

En Ontario, province ayant connu les plus fortes baisses du prix de l’essence, la chute du pétrole a coïncidé avec l’arrivée de la taxe temporaire sur l’essence de 5,7 cents par litre. D’autres provinces ont également appliqué cette mesure, notamment l’Alberta et Terre-Neuve-et-Labrador.

Malgré cette taxe sur l’essence, Roger McKnight, analyste pétrolier en chef chez En-Pro International, estime que les prix de l’essence au Canada suivent en grande partie ce qu’il se passe aux États-Unis, où il continue d’y avoir un écart important entre l’offre et la demande.

«Les prix au Canada ne sont pas faits au Canada. Ils suivent vraiment à ce qui arrive au prix aux des marchés aux États-Unis. Et à cet égard, nous avons une situation où les stocks de pétrole brut sont en baisse de 13 % par rapport à la moyenne quinquennale, une baisse de 8% pour l’essence et de 20% pour le diesel», a-t-il rapporté à CTV News, samedi.

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Alors que l’OPEP s’était engagée à augmenter la production de pétrole, l’organisation n’a pas été en mesure de remplir ses objectifs. La Lybie et le Nigeria ont d’ailleurs ralenti leur production en juin, a rapporté Reuters. En début de semaine, le président français, Emmanuel Macron, a annoncé au président américain, Joe Biden, que l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis avaient déjà atteint la limite de leur production.

«Je crois que la réalité est que nous ne sommes pas meilleurs qu’il y a quelques mois, alors que l’approvisionnement en carburant demeure difficile et que la demande ne ralentit pas», ajoute McTeague.

Face à la pression des électeurs avant les élections américaines de mi-mandat cet automne, Biden a exhorté aux compagnies pétrolières d’augmenter leur production, tout en faisant pression sur les pays du Golfe pour augmenter l'offre. La Maison-Blanche envisage également d'étendre le forage pétrolier dans le golfe du Mexique.

«Biden se démène pour trouver un approvisionnement sûr ou un approvisionnement régulier en pétrole brut. Ce qui est très difficile», lance McKnight.

McKnight s’attend d’ailleurs à une hausse de cinq cents du prix de l’essence d’ici lundi et mentionne qu’il est impossible de connaître la direction que prendra le prix pour le reste de l’été.

«C’est très difficile à dire, explique McKnight. Il y a 16 facteurs qui affectent le prix d’un litre d’essence et si seulement l’un d’entre eux change, tout change.»

Mais l’analyste pétrolier prédit que les prix de l’essence vont uniquement grimper dans les deux prochains mois, disant que la différence entre l’offre et la demande ne se réglera pas de sitôt.

«Ce que nous avons vu la semaine dernière était un peu illusoire et non un reflet de la réalité. C’est plutôt évident qu’il y aura des prix bien plus élevés en juillet et en août», a-t-il conclu.


Crédit photo: CTV News

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