Réforme de la loi 101: les autochtones ont-ils été considérés?

Minister Simon Jolin-Barrette speaks at a news conference Thursday, March 28, 2019 at the legislature in Quebec City. (THE CANADIAN PRESS-Jacques Boissinot)

Présentée dans les dernières semaines, la réforme de la Charte de la langue française manque de considération envers les peuples autochtones.

C'est ce qu'affirme Sébastien Brodeur-Girard, professeur à l'École d'études autochtones à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) en entrevue sur les ondes de Noovo Info.

Il estime qu'il s'agit d'une occasion manquée de la part du gouvernement du Québec qui n'ajoute pas de problèmes, mais qui poursuit dans la lignée d'invisibilité.

« C'est un problème parce que des langues autochtones au Québec il y en a. On a 11 nations qui ont des langues qui sont encore très vivantes dans certaines communautés. Chez les Attikameks et les Inuits par exemple c'est 97 ou 98% de la population qui parle encore leur langue et pourtant on n’en parle pas du tout dans ce projet de loi là. »

- Sébastien Brodeur-Girard, professeur à l'École d'études autochtones à l'UQAT

« Les langues autochtones du Québec sont les premières langues sur le territoire. Qu'on n’en tienne pas compte dans la loi, pour moi, c'est inacceptable. Nos bureaux et nos rues ont tous un nom anicinabe. On essaie de promouvoir notre langue le plus possible. Le gouvernement va nous dire qu'avec la loi 101, je vais devoir donner un nom français à la rue où moi je demeure? Je ne sais pas jusqu'où ils vont aller. »

- Steeve Mathias, chef de la communauté de Long Point First Nation

De son côté, l'ancien Grand chef du Conseil algonquin du Québec, Richard Kistabish, espère de tout coeur que sa nation ne tombera pas dans l'oubli.

« Je crois que l'homme blanc a un certain niveau d'intelligence un moment donné pour comprendre les concepts d'un autre peuple. On va le voir dans l'exercice pour améliorer la loi 101. J'ai hâte de voir les débats. J'espère qu'ils vont penser un peu à nous durant ces débats-là. »

- Richard Kistabish, président de l'organisme culturel Minwashin

Selon le gouvernement Legault, il y avait urgence d'agir pour cesser le déclin du français au Québec, surtout à Montréal.

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