Une usine de compost sera construite à Saint-Roch: les opposants riposteront

Facebook Stoppons l'usine de Champag-Un groupe de citoyens ne veut pas de la venue de cette usine au sein de la municipalité

L'usine de compost de l'entreprise Champag pourra voir le jour à Saint-Roch-de-Richelieu mais les opposants ne se laisseront pas abattre par la décision de la Cour suprême rendue jeudi. Ils préparent plusieurs actions pour se faire entendre et maintiennent que le projet ne rencontre «aucune acceptabilité sociale».

La Cour suprême a refusé jeudi d'entendre la cause de Saint-Roch-de-Richelieu.

Rappelons que la Cour supérieure a donné raison à la municipalité, mais la décision a ensuite été renversée en Cour d’appel quant au caractère de l'entreprise.

Au tribunal, la municipalité a fait valoir le caractère «industriel » de l'usine alors que le promoteur plaide un usage agricole.

Les opposants maintiennent que le volume de camions, les odeurs nauséabondes dans le secteur et le rejet d'eau  dans la rivière Richelieu sont des facteurs à considérer par le ministère de l'Environnement.

Le promoteur argue qu'il s'agit d'un projet de 28 millions de dollars, qui créerait une vingtaine d'emplois.

Il ajoute que l'emplacement de la Côte-Saint-Jean est le meilleur, en étant à proximité de l'autoroute 30.

Jusqu'ici, la saga judiciaire a coûté au moins 250 000$ sur trois ans à Saint-Roch-de-Richelieu mais les opposants promettent d'autres actions, autres que par les voies judiciaires.

Le maire Alain Chapdelaine explique que cette histoire n'est pas terminée, malgré la dernière décision du plus haut tribunal.

«Je suis persuadé qu'il y a d'autres endroits plus appropriés pour ce genre d'usine de fumier, plus près de la matière première. Notre demandes au ministère de l'Environnement est de faire des études d'impact complètes.  En attente du verdict de la cour, nous avons mandaté une firme, Enviro 3d Conseils, qui nous accompagne dans le processus. Que ce soit par rapport aux odeurs, à la qualité de l'eau, il n'y a aucune acceptabilité et la pétition le démontre. Il ne faut pas oublier que nous sommes à proximité de la rivière Richelieu, il y a beaucoup de villégiature et nous avons un vaste camping l'été. Une telle usine auraient des impacts néfastes sur la qualité de vie»

Alain Chapdelaine, maire de Saint-Roch-de-Richelieu

Le promoteur Agnesh Marsonia s'explique mal l'opposition des villes face à un projet qui crééra de l'emploi et qui sera loin des résidences. Nous avons d'ailleurs tenté de le joindre, en vain.  

Le porte-parole du collectif Stoppons l'usine Champag de Saint-Roch-de-Richelieu croit que la Cour suprême a erré et promet une mobilisation pour éviter la construction de cette usine.

«La Cour suprême a erré, selon nous, en pensant que c'est une usine de champignons qui doit être construite alors que l'on parle véritablement d'une usine à fumier. Nous allons demander à la CPTAQ de ne pas émettre d'autorisations, nous demanderons un BAPE sur la question. Les députés et le gouvernement seront interpellés et s'il faut que l'on barre des rues, nous irons jusque là! Le promoteur dit qu'il a une autorisation de la CPTAQ d'une préposée au renseignement. Or, c'est un courriel datant de 2017. Je ne comprends pas qu'avec ce simple document, il prenne cela pour du cash! Nous estimons que c'est loin d'être une autorisation et qu'il faudra aller plus loin»

Patrick Ney, porte-parole Stoppons l'usine Champag de Saint-Roch-de-Richelieu