Les inspirations d’Adamo : de Jacques Brel et Cypress Hill à Joyner Lucas

Adamo, artiste Rap Keb de juin 2020

Pour entendre Adamo, notre artiste Rap Keb du mois de juin, écoute Rap Keb!

Le rappeur longueuillois, qui vient tout juste de faire paraître son premier album solo Préliminaires SVP,  nous témoigne de ses influences musicales, de son enfance à aujourd’hui.

 

La musique qui jouait à la maison quand tu étais très jeune?

Du côté de mon père, c’était beaucoup de la musique française : Aznavour, Brassens, Reggiani, Brel… Beaucoup de shits hippies aussi comme les Beatles. Ma mère, c’était un peu plus du rock comme Led Zeppelin, mais aussi des trucs plus récents et plus heavy comme Prodigy. Y’avait aussi beaucoup d’opéra, car elle a étudié en chant classique. La musique a toujours fait partie de ma vie quotidienne, à un point où j’ai de la misère à comprendre quelqu’un qui n’a pas grandi en écoutant tout le temps de la musique. En fait, la musique a à peu près été le seul truc sur lequel toute la famille se rejoignait.

 

Ton idole d’enfance?

Cypress Hill. J’ai découvert leur musique quand j’avais 10 ou 11 ans par l’entremise de ma soeur, ce qui a évidemment fitter avec le moment où j’ai commencé à fumer des battes! Pour vrai, ça a créé un monstre, ce groupe-là.

 

L’artiste ou l’album qui t’a éveillé au rap?

Illmatic de Nas. C’était juste avant que je tombe dans Cypress Hill. Ma mère travaillait dans une friperie et elle avait acheté ce disque-là à 50 cennes, en se disant que les jeunes devaient écouter ça. J’aimais le vibe de l’album, mais j’avais pas encore catché le sens du rap. 

 

Premier album acheté?

Unreleased and Revamped de Cypress Hill. La première fois que j’ai entendu le remix de Hand on the Pump de DJ Muggs, j’ai compris ce que j’aimais dans le rap. Autant le beat un peu psychédélique que les lyrics violents venaient me chercher. Et y’avait aussi la voix et le flow de B-Real qui venaient m’accrocher. C’était unique.

 

Quel artiste t’a donné envie de rapper?

À l’adolescence, j’ai tranquillement commencé à catcher les flows et les lyrics, notamment en écoutant des artistes underground comme Apathy, Celf Titled, Army of the Pharaohs… Ces gars-là sortaient des multis (rimes multisyllabiques) incroyables, et je voyais qu’au Québec, personne maitrisait les patterns comme eux. J’ai commencé à utiliser les beats d’Apathy et de 7L & Esoteric pour mes premiers battles sur Hiphopfranco (NDLR : défunte plateforme hip-hop québécoise, qui contenait un populaire forum de discussion).

 

Un show mémorable de ton adolescence?

Cypress Hill à Québec. Ma soeur m’avait amené là-bas, et je me souviens pas de grand-chose, à part que j’avais simili le droit d’être là.

 

Clip le plus marquant à vie?

Le track de Space Jam, Hit Em High, de B-Real, Coolio, Method Man, LL Cool J et Busta Rhymes. J’ai toujours aimé l’aspect featuring du hip-hop. De voir autant de gros noms et de visages connus réunis à l’écran, je trouvais ça vraiment fly. J’aime voir des grands qui se rencontrent.

 

Ta chanson préférée?

Amsterdam de Jacques Brel, autant pour l’émotion et la poésie que la musique poignante. Sinon, la chanson qui me met instantanément dans un mood happy, c’est September de Earth, Wind & Fire. Ha pis je dois aussi mentionner My Way de Frank Sinatra et Marshall Mathers d’Eminem.

 

Le classique des classiques?

The Marshall Mathers LP d’Eminem. Pour moi, c’est le meilleur album rap qui a existé. Je me rappelle l’avoir écouté jusqu’à tant qu’il soit grafigné! J’ai aussi énormément écouté Carnival de Wyclef Jean. J’adorais son vibe et son côté éclectique. 

 

La musique qui t’obsède ces jours-ci?

J’aime beaucoup le rap qui se fait ces temps-ci au Québec. Je trouve quasiment que ça accote ce qui se fait aux States. Des producers comme Ruffsound suivent la vibe actuelle, mais réussissent quand même à garder l’essence du hip-hop à travers tout ça. Sinon, j’écoute un peu tout ce qui se fait aux States, mais y’a rien qui me fait triper tant que ça, à part peut-être Joyner Lucas.

 

En dehors de la musique, qui considères-tu comme une personne inspirante?

Je suis pas mal dans le Netflix shit ces jours-ci, donc je dirais Michael Jordan. C’est l’exemple parfait du gars qui s’arrête jamais et qui donne toujours le meilleur de lui-même. Sinon, bien au-delà de ça, je te dirais une réponse plus clichée : mon père. C’est quelqu’un qui a été malade une bonne partie de sa vie. Il avait la sclérose en plaques à un état très avancé, ce qui veut dire qu’il pouvait pas bouger et qu’il se faisait changer les couches. Malgré tout ça, il est toujours resté positif, et sa résilience m’inspire encore à ce jour. J’ai peut-être pas eu le père conventionnel qui jouait au soccer avec moi. Non, le mien était en chaise roulante ou dans son lit, mais il m’a amené beaucoup au niveau humain. 

 

Écoute Rap Keb!