Les inspirations de Charlie Shulz : de Daniel Bélanger et Jack White à Pierre Falardeau et Masta Ace

Charlie Shulz Jaune

Pour entendre Charlie Shulz, notre artiste Rap Keb du mois de janvier, écoute Rap Keb!

Fier membre de l’équipage Joy Ride Records, étiquette ayant également sous son aile Loud, Imposs et Rymz, le producteur montréalais Charlie Shulz a causé l’une des belles surprises de l’automne avec SVP, un premier album officiel qui regorge d’excellentes collaborations. À quelques semaines de son premier passage à Igloofest, ce jeune compositeur adepte de métal, de hip-hop et de chanson québécoise nous en dit davantage sur la musique qui l’inspire.

 

La musique qui jouait à la maison quand t’étais très jeune?

Beaucoup de rock : Led Zeppelin, Pink Floyd, The Police, The Who...Mon père écoutait aussi du jazz, du classique et de la chanson française. Y’avait beaucoup de musique québécoise à la maison aussi, autant du Jean Leloup et du Daniel Bélanger que du Richard Desjardins. On avait une maison de campagne et, en y allant, on écoutait l’album Live au Club Soda. Ça m’a vraiment marqué.

 

 

Ton idole d’enfance?

À l’adolescence, j’ai écouté un documentaire, It Might Get Loud, avec Jack White, Jimmy Page et The Edge. J’ai commencé à jouer de la guit et à me faire pousser les cheveux à ce moment-là. Je le trouvais tellement bad ass, Jimmy Page! Il avait une Gibson Les Paul, et je m’en suis acheté une en son honneur. Et Jack White, je le connaissais déjà un peu grâce à Seven Nation Army, mais là, il était vraiment impressionnant. Je me souviens d’un plan en particulier de lui dans un champ avec des vaches en train de faire un solo avec une guitare qu’il venait de construire.

 

Premier album acheté ou téléchargé?

Peut-être un album de Disturbed, Indestructible. J’étais pas mal dans le métal et le hard rock à ce moment-là. Beaucoup de Slipknot et de Papa Roach aussi. Je me souviens d’une vidéo Youtube de Naruto avec Last Resort par-dessus. Ça a été une grosse découverte. J’ai téléchargé ça sur LimeWire après.

 

Ce qui t’a éveillé au hip-hop?

Au primaire j’ai fait une présentation sur deux albums que j’avais eus : The Carnival de Wyclef Jean et Encore de L’Assemblée. L’Assemblée, je trouvais ça baller, je trouvais ça drôle. Je comprenais pas toutes les paroles, mais j’aimais le vibe. J’ai commencé à écouter du 50 Cent, l’album Get Rich or Die Tryin’, à peu près à ce moment-là aussi.

Par la suite, qu’est-ce qui t’a poussé à faire des beats?

J’écoutais pas mal juste du métal à l’adolescence. Puis, il y a cinq ou six ans, un ami m’a fait découvrir CunninLynguists et Masta Ace, l’album A Long Hot Summer tout particulièrement. Avec cet album-là, je découvrais des samples de musique organique, qui me rappelaient la musique jazz que mon père écoutait. À partir de là, je me suis mis à créer des beats lo-fi.

Show mémorable de ton adolescence?

Les shows de Dead Obies ont été vraiment marquants pour moi. Je me rappelle d’un spectacle assez malade avec Alaclair Ensemble à la maison de la culture Maisonneuve en 2014. Tellement petit comme salle et tellement intense comme ambiance! On était montés sur le stage à la fin pour Tony Hawk. J’avais à peine 14 ou 15 ans.

Clip le plus marquant à vie?

The Butterfly Effect de Travis Scott. L’univers qu’il exploite est vraiment incroyable. C’est très onirique, on dirait que t’es dans un rêve. Y’a beaucoup de beauty shots, les couleurs sont éclatantes. C’est super artsy, tout en respectant les codes des clips rap. Ça m’a vraiment inspiré pour mes clips d’En amour et de Cosmos, que j’ai coréalisés.

 

Ta chanson préférée?

Spoutnik de Daniel Bélanger. C’est la chanson parfaite pour t’apaiser, t’endormir. J’ai des graves problèmes d’anxiété et, le soir, je vis des moments où je pense beaucoup… des moments qui peuvent finir par jouer contre moi, car je peux facilement me mettre à angoisser. Et quand je mets cette chanson-là, et que j’entends Daniel me chanter que nous sommes six milliards de solitude, ça vient me relaxer. 

 

 

Le classique des classiques?

A Long Hot Summer de Masta Ace. Je suis de la génération des singles et des vidéos sur Youtube, donc j’écoute rarement des albums au complet. Mais celui-là, je l’ai écouté en boucle. Par moments, c’est drôle, d’autres fois, c’est super intelligent avec plein de jeux de mots. Je dirais que c’est l’album que j’ai le plus écouté avec le Live au Club Soda de Richard Desjardins et Full Circle de Half Moon Run.

 

La musique qui t’obsède ces jours-ci?

Récemment, je suis en train de découvrir Missy Eliott et Offenbach. Sinon, y’a aussi Dary, jeune rappeur montréalais que je feel vraiment, et CRi, producteur électronique qui a la même agence de gérance que moi. Son EP Someone Else, je l’écoute toujours en gamant. Je tripe vraiment.

 

En dehors de la musique, qui considères-tu comme une personne inspirante?

Pierre Falardeau. Une fois par année ou plus, je me fais un marathon de toutes ses entrevues. À Noël, j’ai demandé son recueil Rien n’est plus précieux que la liberté et l’indépendance et je le trouve franchement inspirant. La manière que cet homme-là s’est battu pour la liberté de son peuple, mais aussi pour sa liberté de création, ça vient vraiment me chercher. J’aurais tellement aimé m’asseoir avec lui pour prendre une bière pis jaser. 

Charlie Shulz à l’Igloofest (avec Loud et White-B) - le 30 janvier au Quai Jacques-Cartier (Montréal)

 

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