Les inspirations de KNLO : de Papa Wemba à MHD et Funkmaster Flex

KNLO, notre artiste Rap keb de décembre

Pour entendre KNLO, notre artiste Rap Keb du mois de novembre, écoute Rap Keb!

Akena Okoko alias KNLO conclut une année riche en spectacles et en beaux projets. En plus d’avoir fait paraître son deuxième album solo, Sainte-Foy, en juin dernier, le rappeur natif de Québec vient également de lancer un album surprise avec son groupe Alaclair Ensemble ainsi qu’un premier recueil de poésie. Nous nous sommes entretenus avec cet amoureux des mots et du groove pour en apprendre davantage sur la musique qui a marqué sa vie.

 

La musique qui jouait à la maison quand t’étais très jeune?

À priori, mes parents étaient pas deep dans la musique. On écoutait souvent les mêmes trucs, surtout de la musique africaine populaire comme Le Grand Kallé, Papa Wemba et Franklin Boukaka. On dansait là-dessus dans les soirées congolaises, habillés en costumes. Mon père avait aussi une grosse collection de disques, qui comprenait notamment des albums de chants de louange au président Mobutu. Mon père était pas d’accord avec ça, mais il avait quand même décidé de les garder pour leur valeur patrimonial. Je me souviens aussi des musiques qui jouaient à la télévision, que ce soit les thèmes de Passe-Partout, du Fresh Prince of Bel Air ou de Dallas.

 

Ton idole d’enfance?

Mes frères. Ils avaient tous des vibes très différents. L’aîné, il m’a ouvert à tous les trucs plus rock de l’époque, que ce soit Nirvana ou Rage Against the Machine. Le deuxième, c’est vraiment plus lui qui m’a amené vers le hip-hop et le basket, tandis que le troisième, c’est lui qui m’a amené l’esprit d’entrepreneur.

 

Ce qui t’a éveillé au rap?

Je dirais Maestro Fresh Wes. C’est un des premiers rappeurs canadiens à avoir été populaire. Encore là, je dois remercier mes frères de m’avoir initié à ça.

 

Par la suite, qu’est-ce qui t’a donné envie de prendre la micro?

Vers 1995-1996. Mon père était parti en voyage en Afrique, et je suis allé habiter chez mon cousin pendant plusieurs semaines. C’est là qu’on a commencé à s’amuser en écoutant des instrus. Rapidement, j’ai été interpellé par les artistes de la côte Ouest, comme Snoop Dogg.

 

Premier album acheté?

Pendant toute mon adolescence ou presque, j’écoutais vraiment ce que mes frères écoutaient, donc j’achetais pas vraiment de musique. Les CDs circulaient dans la maison assez librement. Et, vers 18 ans, j’ai commencé à consommer un peu plus de musique par moi-même. Je me souviens avoir acheté presque en même temps Deluxxx d’Atach Tatuq et The Further Adventures of Lord Quas de Quasimoto, un des premiers gros albums de Madlib.

 

Un show mémorable de ton adolescence?

En 1999, le show sur les Plaines d’Abraham avec Fonky Family et Sans Pression, Yvon Krevé, La Constellation et Rainmen en première partie. Je me rappelle qu’on courait, car on entendait Pas d’chilling au loin. C’était une grosse soirée, surtout en raison de Fonky Family, qui était vraiment notre plus grande influence française à l’époque.

 

Clip le plus marquant à vie?

Poison de Bell Biv DeVoe, un groupe assez important de l’histoire du new jack swing. J’avais le clip enregistré sur une cassette. Ça regroupait les éléments de notre quête d’adolescents, autant la danse que les filles. C’est aussi mon initiation au rap qui chante.

 

Ta chanson préférée?

J’en nommerais trois. En premier, je dirais Orere Elejigbo de Lijadu Sisters, chanson qui résume très bien mon vibe africain et, plus généralement, toute la vibe actuelle du afrobeat. Ensuite, The Makings of You de Curtis Mayfield, chanson très puissante sur la vie de famille avec une petite harpe qui donne l’impression qu’on est dans un rêve. Et je terminerais avec La puissance de MHD, la chanson que j’écoute le plus souvent. Ça insuffle instantanément la puissance.

 

Le classique des classiques?

The Mix Tape Vol. II de Funkmaster Flex. C’est sorti en 1997 et je me suis remis à écouter ça à fond la caisse. Je trouve que le principe d’une mixtape est assez sous-estimée, mais c’était vraiment incroyable à l’époque de retrouver plusieurs styles et plusieurs vibes dans une même compilation. Ça unifiait les gens.

 

La musique qui t’obsède ces jours-ci?

J’aurai pas le choix de dire la même affaire : The Mix Tape Vol. II de Funkmaster Flex. L’idée globale de faire des shout outs dans un record, d’avoir un record mixé de A à Z… Tout ça est VRAIMENT sous-estimé. C’est un outil légué par la culture hip-hop, et ça m’inspire encore totalement. C’est comme une redécouverte.

 

En dehors de la musique, qui considères-tu comme une personne inspirante?

J’irais avec Chris Boucher, une grande inspiration de la nation basket québécoise. Les Québécois dans la NBA se comptent même pas sur les doigts d’une main, donc c’est vraiment impressionnant ce qu’il a accompli. 

 

En spectacle le 5 décembre à L’Anti (Québec)

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