Les inspirations de Maky Lavender : de Sisqo et Ludacris à Lil Wayne et Vince Staples

Maky Large

Pour entendre Maky Lavender, notre artiste Rap Keb du mois de février, écoute Rap Keb!

Issu de l'Ouest-de-l'île, Maky Lavender est l'un des rappeurs les plus talentueux et audacieux de la relève rap québécoise. À quelques semaines de la sortie de son tout premier album solo, il nous témoigne de son ouverture musicale, en abordant en détails la musique qui a forgé sa vie. 

 

La musique qui jouait à la maison quand t’étais très jeune?

Ma mère, c’était surtout de la musique haïtienne, mais aussi du heavy pop de radio qu’elle avait enregistrée sur une cassette comme les Bee Gees ou Ricky Martin. Mon père, lui, c’était un trucs un peu plus underground, surtout du reggae et du hip-hop. 

 

Ce qui t’a éveillé au rap?

Ma soeur. Elle est née cinq avant moi, en 1990, donc elle a vraiment consommé plein de musiques différentes, autant les pop stars et les boys bands que des rappeurs de l’époque. Elle avait des albums de Ja Rule, d’Eminem, de S Club 7, de Christina Aguilera, des Dance Plus 2001, 2002...

 

Ton idole d’enfance?

Sisqo. Il était jeune, il dansait, il avait l’air super cool… Je me suis identifié à lui tout de suite. Le premier album que j’ai reçu dans ma vie, c’est Unleash the Dragon.

 

Premier album acheté?

Chicken-n-Beer de Ludacris. J’étais en troisième année primaire, à l’âge où je commençais à avoir mes propres opinions. Ma soeur allait souvent au HMV acheter des albums, et j’aimais ça l’accompagner. Ludacris, c’était un choix assez logique. C’était pas un personnage unidimensionnel. Oui, il vient de milieux assez difficiles, mais il a toujours eu une approche assez légère et universelle du rap. C’est un peu devenu mon modèle.

 

Qu’est-ce qui t’a donné envie de rapper?

Les premiers artistes qui ont contribué à ça, ce sont Sans Pression et Yvon Krevé. De voir ces gars-là d’ici rapper et avoir un certain succès à MusiquePlus, ça m’a inspiré. Je m’identifiais au phrasé créole de Sans Pression et au slang très montréalais d’Yvon Krevé. Sa chanson Chaque fois, je la connaissais par coeur. Je la chantais tout le temps!

 

Un show mémorable de ton adolescence?

Lil Wayne en 2009 au Centre Bell. C’est impossible d’expliquer avec justesse ce qu’était Lil Wayne à cette époque-là… C’était juste fou! Je l’avais souvent vu à la télévision, mais là, de le voir rapper devant moi et un aussi gros crowd avec autant d’énergie, c’était vraiment impressionnant. 

 

Clip le plus marquant à vie?

Californication de Red Hot Chili Peppers. C’était tellement avancé pour l’époque! J’avais l’impression d’être un personnage du vidéoclip, comme dans un vrai jeu vidéo. Sinon, y’a aussi We Fly High (remix) de Jim Jones avec T.I, Diddy, etc. J’avais jamais vu autant de stéréotypes hip-hop dans un seul clip. Les gars étaient tellement fly!

 

Ta chanson préférée?

I Get Around de 2Pac. On connait son parcours difficile, ses problèmes, mais là, c’est une autre facette de lui. C’est juste du chilling music pour se calmer et pour avoir du fun. Comme si, momentanément, tous ses problèmes partaient. 

 

Le classique des classiques?

No World du duo Inc No World. C’est sorti dans le temps où je passais beaucoup de temps sur Soundcloud, vers 2013. C’est tellement magnifique comme musique. Leurs voix sont assez tristes, mélancoliques, mais il y a de l’espoir derrière grâce aux drums animés. Ça forme un contraste vraiment nice, vraiment basé sur l’émotion vive. Dans un genre complètement différent, mais avec une vibe émotionnelle similaire, il y a aussi Summertime 06 de Vince Staples. Mon style est obviously inspirée du sien. C'est un gars normal qui a été influencé par Pharrell, le skate, les arts visuels. C’est l’fun de voir la culture tough ou gangster mélangée avec quelque chose de vraiment artistique. 

 

La musique qui t’obsède ces jours-ci?

Roy Blair. Il fait du pop punk au feeling nostalgique avec des traces de Green Day. C’est vraiment le typique angsty teenager de Californie. Je dois aussi mentionner Jack Harlow, un rappeur de Louisville qui commence à vraiment être populaire. C’est un rappeur blanc avec un accent du south. Un peu comme Bubba Sparxxx, mais sans être une joke.

 

En dehors de la musique, qui considères-tu comme une personne inspirante?

Dave Chapelle. Il trouve toujours des façons pertinentes de parler de trucs harsh. Au lieu de s’adapter constamment à son époque, il adapte son message aux nouvelles générations, en mélangeant les univers du rap, du stand-up et de la politique.