Les inspirations de MB : de Sexion d’Assaut et Youssoupha à PNL, Naps et Souldia

MB, artiste du mois de mars 2020

Pour entendre MB, notre artiste Rap Keb du mois de mars, écoute Rap Keb!

À quelques jours de la sortie de son troisième projet solo, intitulé À zéro, le rappeur montréalais d'origine algérienne MB (issu du collectif 5sang14) nous témoigne de ses influences musicales.

 

La musique qui jouait à la maison quand t’étais très jeune?

C’était surtout de la musique traditionnelle algérienne. C’est une musique centrée sur les sonorités de guitare, et j’aimais ça. C’est dansant, très rythmé. Ça a eu une influence directe sur mes chansons, car ça a teinté ma personnalité.

 

Ton idole d’enfance?

Rim-K, un rappeur français d’origine algérienne (du groupe 113). Je peux pas dire que c’était mon idole, mais c’était quelqu’un que j’appréciais beaucoup. J’avais environ 8 ans quand j’ai entendu Tonton du bled pour la première fois. J’habitais en Algérie à ce moment, donc c’est certain que je me suis identifié à lui.

 

Premier album acheté?

Les Chroniques du 75 de Sexion d’Assaut. Je l’ai acheté quand il est sorti, en 2009, quand j’étais rendu à Montréal. Ce que j’aimais tout particulièrement, c’est que Sexion était un groupe de rappeurs avec des styles tous très différents. Ça donne un album très riche, très diversifié. Et leurs textes étaient très habiles, en phase avec ce que les jeunes de l’époque pensaient et vivaient.

 

Ce qui t’a éveillé au rap?

Quelques années après mon arrivée à Montréal, deux de mes très bons amis, Lost et Gaza (de son collectif 5sang14), ont commencé à faire du rap. Ils postaient des vidéos et des freestyles sur Youtube. Ça m’a donné envie d’écrire des textes. Au début, j’ai commencé en rigolant, mais j’ai vu que les gens aimaient vraiment ça, donc j’ai continué plus sérieusement. 

 

Show le plus mémorable que tu as vu?

Youssoupha au Club Soda en 2012. Dans son même séjour, il avait fait le tour de quelques maisons de jeunes pour parler de son parcours de rap. Il avait donné de la force et de la motivation aux jeunes pour qu’ils pratiquent constamment et qu’ils travaillent leurs textes. Ça m’avait touché. Sur scène, je me souviens qu’il avait fait de nouvelles versions de ses chansons. Ça donnait une autre couleur, un autre charme. 

 

Clip le plus marquant à vie?

Au DD de PNL, un clip tourné sur la Tour Eiffel. Depuis, je vois plein de réalisateurs qui essaient de faire les mêmes effets et les mêmes plans spéciaux que dans ce clip. On peut dire qu’il a changé certaines bases de l’esthétique des clips rap.

 

Ta chanson préférée?

Ra-Fall de Lefa (de Sexion d’Assaut). Encore à ce jour, je l’écoute, et elle me provoque les mêmes émotions qu’avant. Le texte est très fort. Ça parle de tout ce qui peut nous arriver, ce qui peut nous tomber dessus brutalement. Je ne me sens pas directement concerné par ce qu’il dit, mais ça me touche quand même.

 

Le classique des classiques?

Noir désir de Youssoupha, autant pour la diversité des sons que la force des textes. Huit ans plus tard, je le réécoute et je le trouve toujours aussi bon.

 

La musique qui t’obsède ces jours-ci?

J’écoute tout ce qui se fait en rap, surtout en rap anglophone et francophone, afin d’être à la page et de rester alerte aux nouvelles tendances. Dernièrement, j’ai bien aimé Naps et Kofs dans le rap français et, évidemment, Souldia dans le rap québécois. En fait, j’écoute presque tout ce qui sort, car je veux voir ce que fait la concurrence.

 

En dehors de la musique, qui considères-tu comme une personne inspirante?

Messi ou Ronaldo, car ça fait 10 ou 15 ans qu’ils dominent leur sport et qu’ils restent humbles. Des gens comme ça, ça montre qu’on peut à la fois avoir du succès et continuer de se perfectionner. Bref, toucher le top et encore progresser.