Les inspirations de Mike Shabb : de Biggie et Soulja Boy à Xanman et Lil Dude

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Pour entendre Mike Shabb, notre artiste Rap Keb du mois d’août, écoute Rap Keb!

 

Avec Life Is Short, un quatrième projet lancé il y a quelques jours, Mike Shabb bénéficie d’un engouement bien mérité. Prolifique et talentueux rappeur de la relève montréalaise, le jeune artiste de 22 ans nous dévoile ses influences musicales, de son enfance à aujourd’hui.

 

La musique qui jouait à la maison quand t’étais très jeune?

 

Mostly du hip-hop chez mon père. Beaucoup de Biggie et de East Coast Rap comme Redman, Wu-Tang Clan, Boot Camp Click… Un peu de vieux dancehall aussi, genre Shabba Ranks, Tenor Saw, Barrington Levy et Shaggy. Chez ma mère, c’était complètement différent. Il y avait autant du R&B comme Lauryn Hill, Erykah Badu, Jennifer Lopez et Beyoncé que de la musique latine comme de la salsa ou du merengue. Je détestais ça quand j’étais jeune, la musique latine, mais avec du recul, je suis content d’avoir grandi avec tous ces sons-là.

 

Ton idole d’enfance?

 

Avant l’âge de 12 ans, c’était plus tough pour moi d’avoir accès à un ordi ou un téléphone, donc je me contentais d’écouter ce qui jouait autour de moi. Mais vers 13-14 ans, j’ai commencé à fumer du pot et j’ai découvert un tout nouveau monde! (rires) C’est là que j’ai commencé à triper sur Joey Badass et sur sa sonorité boom bap 90’s. Je rappais ses chansons par coeur. Ce gars-là avait deux ou trois ans de plus que moi seulement et il faisait déjà les choses en grand. Je me disais que si, lui, il pouvait faire ça, moi aussi j’en étais capable.

 

 

Premier album acheté ou première chanson téléchargée?

 

Le premier album que j’ai reçu de la part de ma mère, c’était Get Rich or Die Tryin’ de 50 Cent en 2003. J’avais à peu près cinq ou six ans… Peut-être qu’elle savait pas vraiment ce qu’elle m’achetait! (rires) Sinon, les premières chansons que j’ai downloadées, c’était celles de Soulja Boy. J’aimais son arrogance et sa musique simpliste, faite sur FL Studio et enregistrée dans sa chambre. Je m’identifiais beaucoup à ce qu’il faisait… et à sa petite danse aussi.

 

 

Ce qui t’a éveillé au rap québécois?

 

Quand j’étais kid, je faisais beaucoup d’allers-retours entre Magog et Montréal, où habitaient respectivement ma mère et mon père. Et c’est vraiment via mon père, qui écoutait beaucoup de rap, que j’ai découvert SP, Rainmen, Buzzy Bwoy, Rainmen, Blok B, Muzion, Yvon Krevé… J’allais là la fin de semaine et, lui, il chillait à son appart avec ses patnais à écouter toutes sortes de musique. Il était super à jour.

 

Un artiste qui t’a donné envie de t’initier au hip-hop?

 

Côté rap, c’est Joey Badass et A$AP Rocky, tandis que côté production, c’est vraiment J Dilla. Par la suite, c’est Pi’erre Bourne, celui qui a fait toutes les prods à Playboi Carti.

 

Un show mémorable à l’adolescence?

 

Quand j’avais 18 ans, je suis allé voir Onyx au Belmont. C’était complètement fou! Je suis sorti de là avec la gueule en sang tellement que les mosh pits étaient intenses! C’est probablement le meilleur show que j’ai vu de ma vie. Sinon, quand j’avais neuf ans, je suis allé voir Wyclef Jean, Akon et Muzion au Festival d’été de Québec. J’étais sur les épaules de mon beau-père, entouré de 60 000 personnes. Wyclef m’a fait un shout out dans le mic en me pointant du doigt, et Akon m’a touché le bras en se promenant dans le crowd! C’était vraiment incroyable pour un gars de mon âge.

 

Clip le plus marquant à vie?

 

Il y en a deux qui m’ont marqué beaucoup : Triumph de Wu-Tang Clan pour son énergie et ses effets spéciaux, et Gimme Some More de Busta Rhymes pour son esthétique cartoonesque vraiment spéciale et ses gros plans de caméra.

 

 

Ta chanson préférée?

 

The Start of Your Ending de Mobb Deep. Je sais pas pourquoi, mais elle vient me chercher vraiment intensément cette chanson-là. Je veux qu’elle joue à mes funérailles.

 

 

Le classique des classiques?

 

Enta da Stage de Black Moon, un groupe de Brooklyn des 90’s qui représente parfaitement la tradition backpack du rap avec les Tim boots et les gros jeans. J’aime l'agressivité du son et le côté je-m’en-foutiste des paroles. Ensuite, je dois mentionner 36 Chambers de Wu-Tang, car encore à ce jour, j’ai jamais vu un groupe aussi puissant, sans oublier Dare Iz a Darkside de Redman, car il est le premier rappeur à avoir autant incarné de personnages dans un même album. Eminem l’a d’ailleurs dit ouvertement qu’il s’était inspiré de lui dans sa musique. Ha pis je peux pas oublier Ready to Die de Biggie. Oui, Tupac avait des gros messages, de la belle poésie, mais Biggie en mode cypher rap, il est imbattable.

 

La musique qui t’obsède ces jours-ci?

 

Toute la scène des DMV rappers, un mouvement hip-hop qui vient de Washington D.C., du Maryland et de la Virginie - de là l’acronyme avec la première lettre de chacun des états/districts. C’est le son le plus avant-gardiste de la game actuellement. Les gars ont des flows un peu off-beat sur des beats darks, accentués de petites voix grognées ou chuchotées en ad-libs. Je pense notamment à Xanman, Lil Dude, Goonew et Baby Fifty, qui sont dans les plus intéressants dernièrement. Quand tu pognes la piqure, tu te tannes jamais.

 

 

En dehors de la musique, qui considères-tu comme une personne inspirante?

 

Mon cousin et mon manager Steve Black. Il est vraiment plus vieux que moi et il a toujours été une grande inspiration. Il est derrière moi constamment, autant au niveau du paperwork que du booking ou de toutes les affaires que je veux pas vraiment faire en tant que petit gars de 22 ans qui veut juste chiller. Il fait tout le temps tout en son pouvoir pour que je sois straight à mon affaire, et je le remercie pour ça. C’est un vrai mentor pour moi.

 

Life Is Short (Make It Rain Records) - disponible depuis le 31 juillet

 

Écoute Rap Keb, juste du rap d'ici.