Les inspirations de Naya Ali : de Nelly et Lauryn Hill à J. Cole et The Weeknd

Naya Ali, inspirations

Pour entendre Naya Ali, notre artiste Rap Keb du mois d'avril, écoute Rap Keb!

Dans la foulée de la sortie de son tout nouveau projet, l’excellent Godspeed: Baptism (Prelude), la rappeuse montréalaise Naya Ali nous témoigne de ses influences musicales, de son enfance à aujourd’hui.

 

La musique qui jouait à la maison quand t’étais très jeune?

Ma mère écoutait beaucoup la chaine country CMT (Country Music Television), donc je dirais surtout Shania Twain et Garth Brooks. Je ne sais pas si cette musique m’a marquée, mais j’ai appris à aimer le country grâce à ça, même si je n’en écoute pas régulièrement. Y’avait aussi du Motown qui jouait ainsi que du jazz éthiopien, notamment le légendaire Mulatu Astatke.

 

Ton idole d’enfance?

J’aimais beaucoup les Power Rangers et les films d’action comme Terminator, mais je n’idolatrais pas vraiment d’artistes. Les seuls qui se sont approchés de ce qu’on pourrait appeler des idoles, ce sont Lauryn Hill et Tupac. C’est grâce à eux que je suis tombée en amour avec le hip-hop. Après, il y a eu Puff Daddy et Ma$e.

 

Premier album acheté?

C’était Country Grammar de Nelly, quand j’avais 15 ans. C’était un album hip-hop assez différent avec plusieurs influences, notamment du country. À l’époque, c’était la mode du gangsta rap et lui, il arrivait avec un côté plus funny, plus soft. Je l’adorais. J’étais obsédée par lui.

 

Qui t’a donné envie de faire du rap?

C’est arrivé organiquement, y’a pas une personne spécifique. J’ai commencé à écrire de la poésie quand j’étais adolescente et, plus je tombais en amour avec le hip-hop, plus ma forme d’écriture migrait vers le rap. À travers tout ça, c’est certain que Lauryn Hill a joué un ròle important. Elle était à un niveau où personne n’était. Y’avait aussi Eve qui était vraiment cool, très différente et tout aussi assumée.

 

Un show mémorable de ton adolescence?

J’ai vu mon premier spectacle à l’âge de 20 ans. C’était K’Naan au Cabaret Juste pour rire. J’étais vraiment impressionnée par la façon dont il s’amusait avec le crowd. La salle était petite, et il connectait avec chacune des personnes de l’assistance.

 

Clip le plus marquant à vie?

Runaway de Kanye West, qui était plus un short film qu'un clip. J’aimais la cinématographie, le concept. J’ai étudié en cinéma et je comprenais que la façon dont il racontait son histoire était avant-gardiste. Ça sortait des clips rap stéréotypés.

 

Ta chanson préférée?

Je dirais Dark Fantasy de Kanye West, car c’est une chanson impeccable. Il y a aussi No Role Models de J.Cole, une pièce simple, mais tellement frappante. J. Cole n’a jamais eu besoin de crier ou d’y aller trop hard pour être perçant et saisissant. Et je dois aussi mentionner Song Cry de Jay-Z. Dans ce temps-là, Jay était très gangsta rap, mais quand il a sorti ça, il a montré un autre côté de lui. C’est venu me chercher.

 

Le classique des classiques?

Tellement dur à choisir… mais The Miseducation of Lauryn Hill, c’est tellement timeless! C’était son premier album, et tout le monde s’en rappelle encore. Ensuite, y’a clairement My Beautiful Dark Twisted Fantasy de Kanye West, le meilleur album de la décennie 2010. Il était tellement avant-gardiste, c’est fou. C’est un album que j’ai beaucoup étudié. Ça s’entend qu’il voit sa musique comme de l’art: chaque pièce est comme un tableau. Je dois aussi faire une mention à Welcome to Jamrock de Damian Marley. Il est arrivé avec un nouveau genre de reggae hip-hop à une époque où on était tous habitués au dancehall. Un chef-d’oeuvre. 

 

La musique qui t’obsède ces jours-ci?

En ce moment, j’écoute beaucoup le dernier album de The Weeknd. C’est fire! Il a un univers propre à lui et il se réinvente constamment. Il me surprend chaque fois. Sinon, y’a aussi Roddy Rich et Young Thug qui sont toujours aussi dope et talentueux.

 

En dehors de la musique, qui considères-tu comme une personne inspirante?

Y’a tellement de gens inspirants en dehors de la musique. En fait, la majorité de ceux qui m’inspirent ne font pas de musique du tout, notamment ma mère, une femme très forte qui m’a appris à être autonome et solide. Je suis aussi fascinée par les gens qui ont eu un impact sur le monde à travers leur art ou leur sport... comme Mohamed Ali.

 
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