Les inspirations de Souldia : de Nirvana et Dubmatique à Post Malone

Souldia, artiste du mois de mai 2020

Pour entendre Souldia, notre artiste Rap Keb du mois de mai, écoute Rap Keb!

Un mois après la sortie de Backstage, son huitième album et l’un de ses plus aboutis en carrière, le rappeur et porte-étendard du quartier Limoilou à Québec nous témoigne de ses influences musicales, de son enfance à aujourd’hui.

 

La musique qui jouait à la maison quand t’étais très jeune?

Black Sabbath, Def Leppard, Supertramp et Metallica accoté dans la barrure! J’ai grandi dans le rock et j’en écoute encore beaucoup. 

 

Ton idole d’enfance?

C’est plus une idole d’adolescence que j’ai eue : Tupac Shakur. Je l’ai découvert à 12-13 ans et je me suis vite rendu compte que ce genre de musique m’allumait. J’aimais son je-m’en-foutisme. Il faisait ses choses de son bord. Thug life!

 

 

Premier album acheté?

La force de comprendre de Dubmatique. C’est grâce à eux que j’ai découvert le rap en français. 

 

Un artiste qui a changé ta vision du rap?

Le rap a pris une place plus importante dans ma vie quand je me suis à comprendre les paroles. Après Dubmatique, je suis tombé direct dans les branches d’IAM et, ensuite, j’ai découvert le rap un peu plus hardcore des Suprême NTM, Fonky Family et Tandem avec la chanson 93 Hardcore. C’étaient des groupes qui me parlaient, car ils étaient moins soft qu’IAM. Après, y’a eu l’arrivée des Sans Pression, Muzion, Yvon Krevé et, surtout, Traumaturges. Ça, on capotait!

 

Qu’est-ce qui t’a donné envie de rapper?

Durant mon enfance, je m’exprimais beaucoup avec le skateboard. Ensuite, je suis tombé dans la criminalité, la drogue, la pauvreté. J’ai été enfermé en centre jeunesse, et le skate a pris le bord. Je me suis retrouvé seul avec mon walkman, à passer 21 heures sur 24 dans ma cellule avec 4-5 cassettes, dont celles de Dubmatique et de Fonky Family. J’ai commencé à écrire pour passer le temps et, à un moment donné, j’ai donné quelques-uns de mes textes à lire à un de mes amis. Il me les a redonnés en me disant qu’il savait à peine lire. J’ai donc décidé de rapper mes textes à la place. Dans ma cellule, je rappais sur les fins de beats des cassettes que j’avais.

 

Un show mémorable de ton adolescence?

Celui de la Fonky Family sur les Plaines d’Abraham. Je me suis évadé du centre jeunesse pour aller voir ça! Y’a des chiens qui couraient après moi, c’était spectaculaire! Il mouillait, ça déferlait, mais le show était incroyable. Quand je suis sorti de là, je criais mon nom haut et fort dans la rue. J’avais juste envie qu’on m’arrête pis qu’on me ramène en dedans pour que j’écrive d’autres textes. Ça a pris deux semaines finalement!

 

Clip le plus marquant à vie?

Ghetto d'Akon. Tu le vois voyager dans tous les hoods des États-Unis. Ça m'avait exposé à une réalité que je connaissais pas.

 

Ta chanson préférée?

Laisse pas traîner ton fils de Suprême NTM. J’ai découvert cette chanson-là quand je traînais dans la rue. Si j’avais été mon propre père, je me la serais fait écouter.

 

Le classique des classiques?

Nevermind de Nirvana. Kurt Cobain était tapissé sur les murs de ma chambre quand j’étais jeune. Après sa mort, y’a eu une vague de suicide et, un jour, je suis rentré de l’école et y’avait pus un poster de Kurt sur mes murs. Mes cassettes aussi avaient disparu. Ma mère avait décidé que Kurt, c’était fini pour moi. Elle m’a donné une interdiction de Nirvana pendant 2-3 semaines. Elle disait qu’elle m’aimait beaucoup et qu’elle voulait pas que ça m’arrive. J’étais fâché.

 

La musique qui t’obsède ces jours-ci?

Je suis bien accroché sur Post Malone. J’ai écouté son show de reprises de Nirvana avec Travis Barker et j’ai capoté. On voit que ce gars-là a grandi dans le rock comme moi. Il mélange plein de sortes de musique : du rock, du rap, de la pop… Pis, en même temps, ses paroles sont hard. On ressent son mal de vivre, son côté écorché. 

 

En dehors de la musique, qui considères-tu comme une personne inspirante?

Ragnar Lodbrok (NDLR : «un roi semi-légendaire de Suède et du Danemark, qui aurait régné à une époque indéterminée entre 750 et 865»). Sa détermination m’inspire, il avait peur de rien. Il est devenu une légende dans le monde entier et il s’en foutait. Tout ce qu’il voulait faire, c’était donner sa vie pour les siens. Il se sacrifiait pour sa famille. Il avait aussi un esprit de guerrier vraiment fort avec des envies de voyage, de conquête, de croisade. Il me rejoint beaucoup.

 

Écoute Rap Keb!