Les inspirations de Taktika: de Guns N’ Roses et Snoop Dogg à J. Cole

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Pour entendre Taktika, notre artiste Rap Keb du mois de septembre, écoute Rap Keb!

Légendaire duo de la scène hip-hop de Québec, Taktika vient de faire paraître son sixième album, Tant que j’respire, ce vendredi 6 septembre. Baignés dans la musique depuis l’enfance, T-Mo et B-Ice nous dévoilent les artistes qui ont façonné leur parcours artistique, qui s’échelonne maintenant sur plus de 20 ans.

 

La musique qui jouait à la maison quand vous étiez très jeune?

B-Ice : Mon père est un pianiste, donc j’ai entendu beaucoup de classique dans mes oreilles quand j’étais plus jeune, notamment du Bach et du Schubert. C’est pas pour rien que les mélodies viennent autant me chercher en tant qu’artiste.

T-Mo : Moi, mon père, il jouait aussi de la musique. Au Jour de l’An, ma famille sortait les accordéons, les guitares, les violons… Mais le souvenir le plus ancien que j’ai d’un artiste précis, c’est Michael Jackson. Quand j’ai eu 5-6 ans, mes parents m’avaient acheté un tourne-disque Fisher Price en plastoque avec des vinyles de Boy George et de lui. J’avais aussi un kit de cuir à la Michael et je le mettais pour chanter devant le miroir de ma chambre. Ça fait bizarre à raconter aujourd’hui avec tout ce qui s’est dit sur lui, mais bon, c’était l’époque.

 

Votre idole d’enfance?

B-Ice : Je dirais Axl Rose. Même si c’est un enfoiré lui aussi, je l’admirais à l’époque. J’avais été le voir en show au Stade olympique vers 10-11 ans, lorsque Guns jouait avec Metallica. C’était le soir de l’émeute et, pour vrai, c’était l’enfer! Pour un kid comme moi, c’était impressionnant.

T-Mo : Guns, c’était vraiment quelque chose. Au camp de jour, B-Ice et moi, on était déjà des amis et on trippait très fort sur ce groupe-là. On avait fait une petite prestation devant  public, où on les imitait, en faisant semblant de jouer. Je pense que B-Ice, tu jouais Slash, et moi, le drummeur!

 

Premier album acheté?

B-Ice : Je pense que c’est Appetite for Destruction de Guns N’ Roses, sinon peut-être Iron Maiden, Number of the Beast. Je l’ai pas tant écouté par contre. C’était juste la pochette qui m’attirait.

T-Mo : Le premier album que j’ai eu par mes propres moyens, je l’ai pas acheté. C’était du troc avec un gars de mon quartier! Je lui avais échangé quelques-unes de mes bandes dessinées contre le premier album de Black Sheep (A Wolf in Sheep's Clothing). 

 

Ce qui vous a éveillés au rap?

T-Mo : Je suis rapidement tombé sur le rap plus underground de Black Sheep et d’Ice-T, mais bon, c’est certain qu’avant ça, il y a eu des trucs plus commerciaux. Je me souviens qu’en cinquième année, j’ai rencontré un gars de mon coin, Souleyman, qui m’a initié à quelques artistes comme Vanilla Ice, Snow et MC Hammer. Pas longtemps après, il a fondé le premier collectif de rap connu à Québec : le Preshapack.

B-Ice : Moi, c’est surtout grâce à la trame sonore du film des Ninja Turtles que j’ai découvert le rap et, tout particulièrement, MC Hammer.

 

Par la suite, quel artiste vous a donné envie de rapper pour la première fois?

B-Ice : Quand le premier album solo de Method Man, Tical, est sorti, j’ai pogné de quoi. Autant l’ambiance sombre des beats que son style m’avaient marqué. Juste après ça, il a participé à la bande sonore de Batman Forever. On avait pris un loop de sa toune The Riddler et on l’avait copié en boucle sur une cassette pour se faire une instru maison. On rappait avec des amis là-dessus.

T-Mo : Le premier album qui m’a complètement renversé, c’est Doggy Style de Snoop Dogg. J’ai tout de suite vu qu’il était dans une classe à part. Mais, sinon, l’électrochoc qui m’a donné envie de rapper en français, ça a été Idéal J. Quand j’ai entendu Kery James rapper pour la première fois, je suis tombé sur le cul.

 

Un show qui a marqué votre adolescence?

B-Ice : Y’a évidemment eu le show de Guns lorsque j’étais plus jeune, mais plus tard, je dirais le show d’IAM au Métropolis, juste après la sortie de L’école du micro d’argent. On était montés à Montréal avec une gang de chums pour voir ça.

T-Mo : Pas le choix de parler de ce show-là moi aussi. Évidemment, j’étais là avec B-Ice! On connaissait les lyrics par cœur, c’était magique. Et, quinze ans plus tard, notre rêve est devenu réalité, car on a fait la première partie d’IAM dans cette même salle durant les FrancoFolies.

 

Votre clip le plus marquant à vie?

T-Mo : Les premiers clips de Snoop Dogg et Dr. Dre avec les chars qui bouncent, c’était quelque chose! Mais, sinon, j’ai toujours aimé la créativité de Ludacris dans ses clips. Il arrivait toujours avec des concepts vraiment drôles et spéciaux, comme dans Rollout.

B-Ice : Moi, c’est un clip de Method Man, Bring The Pain, tiré de l’album Tical. C’était super dark, y’avait un autobus avec plein de bums dedans. Ça avait frappé mon imaginaire d’adolescent.

 

Votre chanson préférée?

B-Ice : Only God Can Judge Me de 2Pac. C’est un gars qui est toujours allé all in dans ses convictions et dans ses opinions. Il prenait position, quitte à déranger, et j’apprécie toujours ce genre d’audace. Cette toune-là est vraiment mythique, car il est mort pas trop longtemps après.

T-Mo : Ma chanson la plus écoutée à vie, c’est What’s My Name de Snoop Dogg, mais vu que j’ai déjà pas mal parlé de lui, je crois que je vais dire November Rain de Guns. Pour vrai, t’écoutes ça et t’as pas le choix d’avouer que ce sont des putains de génies. Des ballades rock comme ça, y’en n’a plus aujourd’hui.

 

Le classique des classiques?

B-Ice : All Eyez on Me de 2Pac. Il y a tellement de bon matériel sur ces deux albums-là, des trucs parfois très guerriers et d’autres parfois très positifs. C’est un gars spontané, talentueux. Il a jamais l’air de se forcer pour faire ce qu’il fait.

T-Mo : J’en nommerais quatre : Doggy Style de Snoop Dogg, L’école du micro d’argent d’IAM, Suprême NTM de NTM et Chronic 2001 de Dr. Dre. Quand Dre est revenu avec ça à la fin des années 1990, tout le monde le pensait mort, mais finalement, il a influencé une autre décennie au complet, en plus d’amener des nouveaux joueurs comme Xzibit et Eminem.

 

La musique qui vous obsède ces jours-ci?

T-Mo : À mon avis, J. Cole est l’un des plus grands en ce moment. On voit qu’il a appris des meilleurs et qu’à son tour, il influence maintenant les nouveaux. Il fait le pont entre les époques. Je dois aussi saluer le fait qu’il passe des messages positifs. C’est un modèle pour moi.

B-Ice : Mon groupe préféré de rap ever, c’est OutKast, donc j’ai toujours continué de suivre attentivement la carrière de Big Boi. Chaque fois qu’il sort un projet, je saute dessus. Il a vraiment une belle ouverture musicale, que ce soit en solo ou dans ses collaborations avec Phantogram. Il est en constante évolution.

 

En dehors de la musique, qui considérez-vous comme une personne inspirante?

T-Mo : Pour moi, tous les gens qui se servent de leur art pour faire changer les choses, ça devient des modèles. Et j’aime tout particulièrement ceux qui agissent, en plus de parler. En ce sens, je dois lever mon chapeau à The Game, qui fait des affaires épatantes pour sa communauté. Quand il y a eu un problème de contamination d’eau au Michigan, il est débarqué là-bas pour rencontrer du monde et parler aux gens.

B-Ice : Ces temps-ci, je dirais Alexiandra Ocasio-Cortez, une représentante du congrès américain pour le Bronx. C’est une femme dans la vingtaine très progressiste qui avait à peu près pas de chance d’être élue, mais qui a réussi. Elle est pas là pour l’apparence ou pour la game politique, mais bien pour changer les choses. Même au sein de son propre parti, elle dérange. J’ai vraiment une grande admiration pour son parcours.

 

Taktika en tournée :  

6 septembre  - Drummondville

7 septembre - Sherbrooke

13 septembre - Lavaltrie

20 septembre - Tremblant

21 septembre - Gatineau

27 septembre - Rouyn-Noranda

28 septembre - Amos

4 octobre - Lévis

11 octobre - Trois-Rivières

18 octobre - Montmagny

8 novembre - Alma

9 novembre - Roberval